Le pape demande «pardon» aux Roms

À Blaj, François a béatifié sept évêques gréco-catholiques roumains, des «martyrs de la foi» emprisonnés et torturés par le régime communiste roumain.
Photo: Andreas Solaro Agence France-Presse À Blaj, François a béatifié sept évêques gréco-catholiques roumains, des «martyrs de la foi» emprisonnés et torturés par le régime communiste roumain.

Le pape François s’est excusé dimanche auprès des Roms pour les discriminations subies par cette communauté dont il a rencontré des représentants en Roumanie, dernier acte d’un périple de trois jours au cours duquel il a fait l’éloge de la diversité.

« Je demande pardon — au nom de l’Église, au Seigneur et à vous — pour les fois où, au cours de l’histoire, nous vous avons discriminés, maltraités ou regardés de travers », a déclaré le pape lors d’un discours adressé à la communauté rom de la ville de Blaj, dans le centre de la Roumanie.

« Je porte un poids, a-t-il ajouté, c’est le poids des discriminations, des ségrégations et des mauvais traitements subis par votre communauté. L’histoire nous dit que même les chrétiens, même les catholiques, ne sont pas étrangers à tant de mal. »

Le pape a été accueilli par des milliers de personnes dans le quartier rom de Barbu Lautaru, construit autour d’une rue étroite aux petites maisons serrées les unes contre les autres, où des habitants avaient déployé le drapeau rom orné d’une roue de charrette rouge, symbolisant le voyage et la destinée errante du peuple tzigane.

« C’est dans l’indifférence que se nourrissent les préjugés et que s’attisent les rancoeurs », a ajouté le pape, fustigeant « les paroles qui blessent » et « les attitudes qui sèment la haine et créent des distances ».

Le pape François, pour la dernière étape de son voyage de trois jours en Roumanie entamé vendredi, avait tenu à rencontrer des membres de cette minorité qui compte entre un et deux millions de personnes sur un total de 20 millions de Roumains.

C’est dans l’indifférence que se nourrissent les préjugés et que s’attisent les rancoeurs

En Europe, le nombre de Roms est estimé entre 10 à 12 millions. Ils sont présents dans de nombreux pays, dont la Hongrie, la Bulgarie, la France, la Grèce, la République tchèque ou l’Italie, où, comme en Roumanie, un grand nombre d’entre eux sont marginalisés et vivent dans des conditions socio-économiques extrêmement précaires.

Les propos du pape interviennent alors que les Roms roumains attendent toujours les excuses de l’Église orthodoxe majoritaire dans ce pays, qui a maintenu cette minorité en esclavage pendant 500 ans, jusqu’au milieu du XIXe siècle. Les Roms d’Europe ont aussi été parmi les groupes victimes du nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale.

Début mai, le pape François était intervenu pour soutenir une famille rom de Bosnie, cible d’insultes et de menaces depuis son installation dans un logement social à Rome.

Fin mai, dans l’est de la Hongrie, un groupuscule d’extrême droite a manifesté contre « les criminels » roms.

Dimanche à Blaj, François a béatifié sept évêques gréco-catholiques roumains, des « martyrs de la foi » emprisonnés et torturés par le régime communiste roumain.