Accident aérien tragique à Moscou

L’avion avait été contraint à un atterrissage d’urgence à Moscou-Cheremetievo quelques minutes après son décollage.
Photo: Viktor Marchukaites Agence France-Presse L’avion avait été contraint à un atterrissage d’urgence à Moscou-Cheremetievo quelques minutes après son décollage.

Quarante et une personnes sont mortes dimanche dans l’atterrissage d’urgence d’un avion de la compagnie russe Aeroflot, qui s’est entièrement embrasé avec 78 personnes à bord à l’aéroport de Moscou-Cheremetievo.

« Selon les données rectifiées dont disposent les enquêteurs à l’heure actuelle, 37 personnes ont survécu », a indiqué le Comité d’enquête.

Une porte-parole du Comité d’enquête, Elena Markovskaïa, a ensuite confirmé explicitement aux journalistes que le bilan était porté à 41 morts. Selon les autorités médicales, trois personnes ont été hospitalisées pour des brûlures, une femme étant dans un état grave.

L’avion avait été contraint à un atterrissage d’urgence à Moscou-Cheremetievo quelques minutes après son décollage à destination de Mourmansk, pour une raison encore inconnue.

Les premières sources faisaient état d’un incendie s’étant déclaré à bord.

Réservoirs pleins

L’agence Interfax, citant une source anonyme, a indiqué que l’appareil avait atterri avec ses réservoirs remplis de carburant, car, le contact radio avec les contrôleurs aériens ayant été perdu, « il était dangereux d’effectuer une manoeuvre pour vider les réservoirs au-dessus de Moscou ».

« Une enquête criminelle pour violation des règles de sécurité » a été ouverte, a indiqué dans un communiqué le Comité d’enquête, chargé des grandes investigations en Russie.

Plusieurs vols ont été détournés vers d’autres aéroports de Moscou ou celui de Nijni Novgorod, environ 500 kilomètres à l’est de la capitale russe.

« Une commission travaille. Toute conclusion est prématurée », a déclaré un porte-parole de l’agence russe Rossaviatsia au sujet d’une éventuelle immobilisation des Superjet après cet écrasement.

Un porte-parole du Kremlin a indiqué que Vladimir Poutine avait présenté ses condoléances aux proches des victimes.

Le Soukhoï Superjet 100, le premier avion civil conçu par la Russie post-soviétique, et destiné à faire concurrence à Embraer et Bombardier sur le marché des avions régionaux, était une source de fierté pour le pays à l’époque de son lancement en 2011. Il est pourtant très décrié et peine à convaincre en dehors du marché russe.

Des compagnies étrangères qui l’exploitaient ont préféré réduire ou arrêter son utilisation, évoquant des problèmes de fiabilité. Son lancement avait été terni par l’écrasement d’un appareil en mai 2012 au cours d’un vol de démonstration en Indonésie, qui avait fait 45 morts.

Pour soutenir l’avionneur, le gouvernement russe a mis en place des subventions pour inciter les opérateurs russes à acheter des Superjet : Aeroflot est ainsi devenu le premier utilisateur de l’appareil et avait annoncé en septembre 2018 avoir passé une commande record de 100 Superjet.