Tension à Paris, sous haute sécurité pour les manifestations du 1er mai

<p>À l’appel des syndicats et des «gilets jaunes», des dizaines de milliers de personnes devaient défiler dans la capitale et quelque 200 villes de France.</p>
Photo: Georges Gobet Agence France-Presse

À l’appel des syndicats et des «gilets jaunes», des dizaines de milliers de personnes devaient défiler dans la capitale et quelque 200 villes de France.

Des incidents ont éclaté mercredi à la mi-journée à Paris entre des militants radicaux et des policiers, peu avant le coup d'envoi officiel du traditionnel cortège du 1er mai, placé sous haute surveillance en raison des craintes de violences. 

 

À l'appel des syndicats et des « gilets jaunes », qui protestent depuis plus de cinq mois contre la politique du qouvernement, des dizaines de milliers de personnes devaient défiler dans la capitale et quelque 200 villes de France.

 

Si les premiers rassemblements pour marquer la « Fête du Travail » se déroulaient globalement dans le calme, l'atmosphère était plus tendue à Paris où la police a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser plusieurs centaines de « blacks blocs » - militants anticapitalistes et antifascistes vêtus de noir et masqués. Un manifestant a été blessé à la tête, selon un journaliste de l'AFP.

 

Les tensions ont éclaté vers 11 h GMT (7h à Montréal) autour du restaurant La Rotonde, un symbole du pouvoir depuis qu'Emmanuel Macron y a célébré sa qualification au second tour de l'élection présidentielle en 2017. Barricadé de planches de bois, l'établissement était protégé par des dizaines de membres des forces de l'ordre pour éviter qu'il ne soit attaqué comme l'avait été le Fouquet's sur les Champs-Élysées le 16 mars, lors d'une journée de manifestation des gilets jaunes avec déjà la présence de nombreux « black blocs ».

 

Plus de 7400 policiers et gendarmes ont été déployés dans la capitale – théâtre de débordements spectaculaires lors des manifestations des « gilets jaunes » ces derniers mois – pour faire barrage aux quelque « 1000 à 2000 activistes radicaux » attendus par les autorités.

 

Le président Macron a réclamé que la réponse à ces « black blocs » soit « extrêmement ferme » en cas de violences, après des appels sur les réseaux sociaux à transformer Paris en « capitale de l'émeute ».

 

L'an dernier déjà, 1200 militants radicaux avaient perturbé la manifestation parisienne, marquée par de violents heurts. Des commerces avaient été dégradés ou incendiés, des véhicules brûlés.

 

Pour tenter de prévenir les violences, les forces de l'ordre procédaient à des contrôles aléatoires de sacs et véhicules dans les gares et les points stratégiques de la ville, a constaté l'AFP. Le quartier de la Concorde et des Champs-Élysées, où sont situés le palais présidentiel et l'Assemblée nationale, était totalement bouclé.

 

À la mi-journée, 88 personnes avaient été interpellées à Paris et 3700 « contrôles préventifs » effectués par les forces de l'ordre.

 

Syndicats en quête de visibilité Coincés entre « blacks blocs » et « gilets jaunes », les syndicats espèrent quant à eux retrouver de la visibilité, mais craignent que leurs revendications ne soient pas audibles si des violences devaient survenir.

 

Le plus vaste cortège devait s'ébranler à 12 h 30 GMT (8h30 à Montréal) et traverser le sud de la capitale, entre Montparnasse et la place d'Italie.

 

« Attention de ne pas dénaturer le sens de cette journée », a mis en garde Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, l'un des principaux syndicats français. « C'est une journée de mobilisation et elle revêt toute son importance après les annonces d'Emmanuel Macron qui a dit: "Je vous ai compris, je ne change rien" ». 

 

Déçus par les annonces de la semaine dernière du président de la République visant à calmer la grogne des gilets jaunes et évaluées par le gouvernement à 17 milliards d'euros, les syndicats réclament notamment une hausse du pouvoir d'achat.

 

Malgré des appels à la « convergence » des luttes lancés par des responsables syndicaux ou politiques, gilets jaunes et autres manifestants n'ont pas toujours défilé côte à côte.

 

« Nous portons des revendications depuis six mois. Les syndicats étaient où pendant ce temps là? », s’est exclamée une jeune femme en gilet jaune, qui défilait à Montpellier (sud). 

 

« On est tous les mêmes, on est tous là pour la même raison: s'opposer à la politique du gouvernement », a estimé Cédric, un agent immobilier de 47 ans, alors que certains manifestants échangeaient des invectives à Lyon (centre-est).

 

À Marseille, le dirigeant de la gauche radicale française, Jean-Luc Mélenchon, a estimé que la France se trouvait dans une « situation de jamais vu » après 24 semaines de mouvement des « gilets jaunes », et que la « solution » passait par des « convergences populaires ».

 

L'an dernier, les manifestations avaient rassemblé 210 000 personnes en France selon les syndicats, 143 500 selon le gouvernement.