La première ministre écossaise appelle à un second référendum sur l’indépendance

La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, mercredi
Photo: Andy Buchanan Agence France-Presse La première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, mercredi

Le gouvernement écossais va introduire « prochainement » un projet de loi visant à organiser un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Écosse d’ici 2021, a déclaré mercredi la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon.

« Nous allons prochainement présenter un projet de loi fixant les règles pour tout nouveau référendum relevant actuellement ou à l’avenir de la compétence du Parlement écossais », a déclaré Mme Sturgeon, chef du Parti national écossais (SNP) au Parlement écossais à Édimbourg, espérant que ce texte serait voté d’ici la fin de l’année.

Les Écossais s’étaient déjà prononcés sur l’indépendance de leur nation en septembre 2014, et le « non » l’avait emporté à 55 %. Mais le SNP n’a pas quitté des yeux son objectif, s’appuyant sur les résultats du référendum sur le Brexit de juin 2016. L’Écosse avait alors voté contre le Brexit à 62 %, contrairement au Royaume-Uni, qui a voté dans son ensemble à 52 % pour le divorce.

Pour convaincre les Écossais de rejeter l’indépendance en 2014, l’un des arguments avancés était le risque de se séparer, en même temps que du Royaume-Uni, de l’Union européenne. Quelques années plus tard, avec le Brexit, l’appartenance au Royaume-Uni contraint paradoxalement l’Écosse à quitter l’UE.

« Un choix entre le Brexit et un avenir pour l’Écosse en tant que nation indépendante européenne doit être proposé pendant le mandat de ce Parlement », a déclaré jeudi Mme Sturgeon à Holyrood, le parlement écossais.

Elle a ajouté que son gouvernement veut « donner aux citoyens un choix en matière d’indépendance » avant les prochaines élections en mai 2021.

Ces derniers mois, Nicola Sturgeon avait appelé ses troupes à attendre la tournure que prendrait le Brexit avant d’envisager un nouveau référendum. La dirigeante s’est exprimée deux semaines après l’octroi par Bruxelles d’un second report de la date du Brexit, jusqu’à fin octobre, un délai destiné à trouver une solution à l’impasse politique actuelle au parlement de Westminster, qui a été incapable d’adopter l’accord de divorce négocié par le gouvernement britannique ni aucune autre solution.

« Nous avons fait tout notre possible pour aider à éviter la crise du Brexit pour l’ensemble du Royaume-Uni », a déclaré la première ministre écossaise. Elle a regretté que le gouvernement britannique « ne serve pas les intérêts de l’Écosse » et estimé que les termes actuels de la décentralisation sont « totalement inadéquats » pour protéger ces intérêts.