Un court-circuit aurait provoqué l’incendie de Notre-Dame de Paris

Les murs fragiles de la cathédrale Notre-Dame de Paris ont été recouverts de planches de bois pour les stabiliser.
Photo: Alain Jocard Agence France-Presse Les murs fragiles de la cathédrale Notre-Dame de Paris ont été recouverts de planches de bois pour les stabiliser.

L’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris a probablement été déclenché par un court-circuit électrique, a révélé un responsable de la police, jeudi, alors que la France rendait hommage aux pompiers qui ont sauvé le célèbre monument.

Un responsable de la police judiciaire française a déclaré à Associated Press que les enquêteurs avaient procédé à une première évaluation de la cathédrale mercredi, mais n’avaient pas encore obtenu le feu vert pour inspecter l’intérieur de Notre-Dame en raison des risques pour la sécurité.

Ce responsable, qui a requis l’anonymat parce qu’il n’était pas autorisé à donner des détails sur l’enquête, a indiqué que les murs fragiles de la cathédrale avaient été recouverts de planches de bois pour les stabiliser.

Les enquêteurs estiment que l’incendie est accidentel et interrogent à la fois le personnel de la cathédrale et les travailleurs qui effectuaient des travaux de rénovation. Une quarantaine de personnes ont été interrogées jeudi, selon le parquet de Paris.

L’agent de police n’a pas voulu commenter un article publié dans Le Parisien, selon lequel les enquêteurs se pencheraient notamment sur les ascenseurs temporaires utilisés lors des travaux. Le parquet de Paris a simplement affirmé que « toutes les pistes devaient être explorées ».

Objectif ambitieux

Le président français, Emmanuel Macron, s’est engagé à reconstruire la cathédrale d’ici cinq ans, à temps pour les Jeux olympiques de 2024, qui se tiendront à Paris. Des spécialistes ont toutefois exprimé des doutes sur cet objectif ambitieux, certains affirmant qu’il faudrait au moins 15 ans pour restaurer la cathédrale de 850 ans.

Une cathédrale de bois « éphémère » devrait être érigée sur le parvis de Notre-Dame durant toute la durée de la reconstruction.

Le débat fait déjà rage entre ceux qui veulent reconstruire à l’identique et ceux qui prônent l’utilisation de matériaux modernes comme le titane pour la toiture ou une architecture plus contemporaine de la flèche, qui s’est effondrée devant les caméras du monde entier.

Si Emmanuel Macron a souhaité qu’« un geste architectural contemporain puisse être envisagé » pour rebâtir la flèche, droite et extrême droite ont appelé à reconstruire Notre-Dame « à l’identique », sans la « défigurer ». Et la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a relayé le mot-clic «#TOUCHEPASANOTREDAME ».

Autre polémique, la mobilisation éclair de milliardaires et de grands groupes français, qui ont promis des centaines de millions d’euros de dons, a été critiquée par des responsables politiques et syndicaux ainsi que par des représentants des gilets jaunes, qui manifestent depuis cinq mois notamment pour une hausse de leur pouvoir d’achat.

Bernard Arnault, p.-d.g. du numéro un mondial du luxe LVMH, a jugé « consternant » de « se faire critiquer » après avoir fait un don de 200 millions d’euros pour la reconstruction, et annoncé qu’il renonçait à la défiscalisation de ces dons.

Cérémonies pour les pompiers

Plus tôt jeudi, Emmanuel Macron avait organisé une cérémonie à l’Élysée afin de saluer la bravoure des pompiers qui ont pris « tous les risques » pour sauver in extremis des flammes la cathédrale Notre-Dame de Paris, où des travaux étaient en cours sur « trois points de fragilité majeurs » dont souffre encore l’édifice.

« Merci à vous qui avez pris tous les risques […]. Le pays et le monde tout entier nous ont regardés et vous avez été exemplaires », a déclaré M. Macron devant plus de 250 pompiers et une cinquantaine de policiers, membres de la Croix-Rouge et de la Protection civile, réunis à la mi-journée dans la salle des fêtes de l’Élysée.

La lutte pour maîtriser le gigantesque brasier avait mobilisé 600 pompiers, que le président français avait qualifiés de « héros » dans une allocution solennelle prononcée lundi soir.

Parfois au péril de leur vie, les soldats du feu avaient lutté contre les flammes quinze heures durant dans la nuit de lundi à mardi, sauvant de justesse la cathédrale d’une destruction totale.

Une cérémonie d’hommage s’est ensuite tenue sur le parvis de l’hôtel de ville de Paris, à quelques centaines de mètres de la cathédrale. « Vous avez sauvé une part de nous-mêmes […] je veux vous dire notre gratitude infinie », a lancé la maire de Paris, Anne Hidalgo, aux pompiers, longuement applaudis par la foule.


Avec l’Agence France-Presse

Une présence suspecte sur une tour? Non, un pompier.

Une vidéo montrant un homme marcher en haut d’une des tours de Notre-Dame au début de l’incendie qui a ravagé la cathédrale lundi nourrit des suspicions sur les réseaux sociaux. Il s’agit en réalité d’un pompier. De nombreuses publications sur les réseaux sociaux relaient une vidéo de vingt secondes montrant un homme en gilet marcher en haut d’une des tours, preuve supposée que le sinistre qui a ravagé l’édifice ne serait pas accidentel. « Pas d’ouvriers sur le site. […] qui est-ce ? », a tweeté le compte anglophone @TipsyPianoBar mardi à 1 h 51. Le tweet, depuis relayé à plus de 10 000 reprises, contient une vidéo vue plus de 850 000 fois dans laquelle un homme, apparemment vêtu d’un gilet, marche en haut d’une tour de Notre-Dame. Les visiteurs ainsi que les ouvriers qui travaillaient dans la cathédrale ayant été rapidement évacués, l’internaute laisse ainsi entendre que cette présence est étrange. Interrogés par l’AFP, les pompiers de Paris sont catégoriques : l’homme en gilet qui suscite tant d’interrogations est bien un pompier. « C’est effectivement le chef des opérations de la BSPP [Brigade des sapeurs-pompiers de Paris] », explique le lieutenant-colonel Gabriel Plus, selon qui le pompier est filmé en train d’effectuer un point de situation. Agence France-Presse