Espagne: la «police politique» de la droite s’invite dans la campagne électorale

Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, nie que ces pratiques aient perduré depuis qu’il a pris le pouvoir en juin dernier.
Photo: Manu Fernandez Associted Press Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, nie que ces pratiques aient perduré depuis qu’il a pris le pouvoir en juin dernier.

L’existence d’une « police politique » que les gouvernements conservateurs en Espagne auraient utilisée pour noircir leurs adversaires à l’époque où ils étaient au pouvoir est devenue un thème explosif de la campagne pour les élections législatives du 28 avril.

Photo: Emmanuel Dunand Agence France-Presse Jorge Fernandez Diaz

Après de nouvelles révélations dans la presse ces derniers jours, le parti de gauche radicale Podemos apparaît comme l’une des principales cibles d’une structure policière qui aurait opéré sous le premier gouvernement de Mariano Rajoy (2011-2016) et son ministre de l’Intérieur Jorge Fernandez Diaz, qui nie en bloc les accusations.

Plusieurs anciens policiers haut placés sont soupçonnés d’avoir fabriqué de faux documents pour discréditer le parti de gauche, en pleine croissance en 2015 et 2016, et des nationalistes catalans. Ils auraient même espionné et volé des documents à un ancien trésorier du Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy, Luis Barcenas, un des principaux protagonistes d’un tentaculaire procès pour corruption au terme duquel le PP a été condamné. Le verdict a précipité la chute de Mariano Rajoy.

Une « police patriotique »

Podemos, en difficulté dans les sondages alors que la campagne démarre officiellement vendredi, ne cesse de dénoncer ce qu’il appelle « les égouts de l’État ».

La « police patriotique » de Jorge Fernandez Diaz est accusée d’avoir alimenté des spéculations sur un financement de Podemos par l’Iran et le Venezuela, pays où son numéro un, Pablo Iglesias, et plusieurs fondateurs du parti ont travaillé comme conseillers du gouvernement Chávez.

Ces faux rapports, repris dans plusieurs médias, ont déclenché des enquêtes judiciaires contre les membres du parti, toutes classées sans suite.

Le premier ministre Pedro Sanchez a nié « catégoriquement » mercredi que ces pratiques aient perduré depuis qu’il a pris le pouvoir en juin dernier.