Le Brexit à nouveau reporté

Theresa May a accepté la nouvelle échéance, le 31 octobre, proposée par l'Union européenne.
Photo: Philippe Huguen Agence France-Presse Theresa May a accepté la nouvelle échéance, le 31 octobre, proposée par l'Union européenne.

À deux jours d’une échéance fatale pour le Brexit, les leaders des pays membres de l’Union européenne ont consenti mercredi au Royaume-Uni un nouveau report de la date du divorce, désormais fixé au 31 octobre, avec une révision possible de la situation en juin. Une proposition qu’a ensuite acceptée le première ministre britannique, Theresa May.

Cette autre prolongation, réclamée par Mme May, vise à donner le temps nécessaire aux Britanniques afin de trouver une issue dans l’impasse qui se dessine depuis plusieurs mois autour de cette séparation amorcée au terme de 40 ans de vie commune.

Après avoir rejeté à trois reprises l’accord de retrait négocié entre Theresa May et l’UE, les parlementaires britanniques avaient placé le Brexit sur le chemin d’une sortie chaotique sans accord qui devait prendre effet le vendredi 12 avril, un scénario craint autant par le Royaume-Uni que par l’UE en raison des nombreuses incertitudes qui doivent accompagner un départ de l’Union non négocié entre les parties.

« La solution la plus simple au problème serait de mettre fin au Brexit, résume toutefois Nanette Neuwahl, professeure au Centre de recherche en droit public et titulaire de la Chaire Jean Monnet en droit de l’Union européenne de l’Université de Montréal. Que l’on accorde plus de temps au Royaume-Uni pour sortir de l’Europe ne change rien. La question de la frontière entre les deux Irlandes va demeurer un problème concret. »
 

Frontières

Depuis janvier dernier, l’adoption de l’accord de retrait par les élus britanniques achoppe sur ce point : le filet de sécurité, ou « backstop », qui doit empêcher le retour d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni, et la République d’Irlande, qui n’en fait pas partie, au lendemain du Brexit.

Cette frontière est invisible entre les deux pays, et ce, depuis la signature des accords de paix de 1998.

Que l’on accorde plus de temps au Royaume-Uni pour sortir de l’Europe ne change rien. La question de la frontière entre les deux Irlandes va demeurer un problème concret.

Or, les tenants du Brexit ne veulent pas de cette clause qui maintiendrait dans les faits le Royaume-Uni dans l’union douanière européenne.

Les adeptes d’un maintien du Royaume-Uni au sein de l’UE n’en veulent pas plus, puisqu’elle assujettirait Londres aux réglementations européennes sans leur donner le droit de voter sur ces réglementations au sein du Parlement ou de la Commission européenne.

Cette quadrature du cercle déchire les pro et les anti-Brexit au sein du Parlement, mais divise également les élus au sein même du gouvernement et du Parti conservateur au pouvoir.

Avec l'Agence France-Presse