Enquête ouverte après l’agression d’une femme transgenre filmée à Paris

Le nombre d’agressions à caractère transphobe a fait un bond de 54 % en 2017 en France, selon le rapport annuel 2018 de l’association SOS Homophobie.
Photo: Geoffroy Van der Hasselt Archives Agence France-Presse Le nombre d’agressions à caractère transphobe a fait un bond de 54 % en 2017 en France, selon le rapport annuel 2018 de l’association SOS Homophobie.

Une enquête a été ouverte après l’agression filmée d’une femme transgenre dimanche à Paris en marge d’un rassemblement de soutien au peuple algérien, un incident qui a provoqué l’indignation de plusieurs responsables politiques et d’associations en France.

Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, une femme transgenre est prise à partie par plusieurs personnes en marge d’un rassemblement dans le centre de Paris pour le changement de régime en Algérie, avant d’être mise à l’écart par le service de sécurité de la compagnie de transport public RATP.

Sur les images, « on voit la foule vociférer et la personne essayer de se défendre, mais recevoir des coups et des insultes », a décrit à l’AFP Joël Deumier, président de l’association SOS Homophobie, ajoutant que ces actes ne devaient pas rester « impunis ».

Dans une interview à la chaîne BFMTV, la jeune femme, présentée comme Julia, a fustigé « une unité » de la part de ses agresseurs « pour [l’]humilier ». « Ç’a été super violent », témoigne-t-elle. « Je me suis retrouvée face à trois individus [...] : l’un des trois [...] m’a dit “mais en fait t’as des seins ! je peux toucher ?” et il m’a mis la main sur la poitrine. »

« Le troisième individu a sorti son sexe devant moi et l’a secoué en me disant que j’allais devoir lui faire plaisir », a-t-elle également rapporté, tout en appelant à éviter tout « amalgame », après avoir reçu des messages associant son agression avec la communauté algérienne.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « violences commises à raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre », a précisé une source judiciaire, ajoutant qu’une personne avait été placée en garde à vue avant d’être relâchée.

« Chacun devrait pouvoir se déplacer librement dans l’espace public, quel que soit son sexe ou son genre. Cette vidéo montre que ce n’est pas le cas et qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire », a relevé M. Deumier.

La secrétaire d’État française en charge de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations a dénoncé une scène « inadmissible », rappelant que les agressions homophobes et transphobes « ne sont pas des opinions, mais de la bêtise et de la haine ». « Elles agressent et tuent », a écrit Marlène Schiappa sur Twitter.

   

« Je n’ai même pas de haine [...], je ne souhaite du mal à personne, ce que je veux c’est qu’ils soient punis pour qu’ils comprennent ce qu’il s’est passé. [...] Je veux juste qu’on avance et qu’on évolue et que les mentalités changent », a ajouté Julia sur BFMTV.

Le nombre d’agressions à caractère transphobe a fait un bond de 54 % en 2017 en France, selon le rapport annuel 2018 de l’association SOS Homophobie.