Theresa May à la recherche d'un nouveau report du Brexit

La première ministre britannique Theresa May a livré une courte allocution au 10 Downing Street à l’issue d’un conseil des ministres marathon de sept heures.
Photo: Jack Taylor Agence France-Presse La première ministre britannique Theresa May a livré une courte allocution au 10 Downing Street à l’issue d’un conseil des ministres marathon de sept heures.

La première ministre Theresa May a annoncé mardi vouloir réclamer aux dirigeants européens un nouveau report du Brexit, « aussi court que possible » et qui prendra fin lorsque les députés britanniques auront adopté un accord de divorce.

« Nous aurons besoin d’une nouvelle extension de l’Article 50 [du Traité de Lisbonne, dont l’activation a déclenché la procédure de sortie de l’UE le 29 mars 2017], aussi courte que possible » pour éviter une sortie sans accord, a dit Mme May dans une courte allocution au 10 Downing Street à l’issue d’un conseil des ministres marathon de sept heures destiné à tenter de trouver une solution à l’impasse sur le Brexit.

« J’ai toujours dit que nous pourrions transformer en succès une sortie sans accord sur le long terme, mais la meilleure solution est de partir avec un accord » de l’Union européenne, a-t-elle ajouté.

La dirigeante conservatrice a aussi appelé le leader de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn à venir « s’asseoir » avec elle « pour essayer de trouver un plan » qui pourra franchir l’étape du parlement, les députés ayant rejeté par trois fois déjà l’accord de divorce qu’elle a conclu avec Bruxelles, et s’étant montrés incapables de trouver un consensus sur une solution alternative.

Le gouvernement britannique a tenu mardi une réunion de crise pour tenter de résoudre l’inextricable casse-tête du Brexit et d’éviter un divorce sans accord le 12 avril, un scénario redouté qui devient « chaque jour plus probable », a prévenu le négociateur de l’Union européenne Michel Barnier.

Un peu moins de trois ans après le référendum du 23 juin 2016, les Britanniques sont toujours dans l’inconnu quant à la forme que prendra la sortie de l’UE.

Lundi encore, les députés britanniques ont fait le constat de leurs divisions, mais aussi de leur impuissance à répondre à ce défi historique, en rejetant quatre options alternatives à l’accord négocié avec Bruxelles par la première ministre Theresa May.

Ces votes étaient destinés à dégager un projet de Brexit susceptible de recueillir, enfin, une majorité à la Chambre des communes, après le rejet vendredi, pour la troisième fois, du Traité de retrait de l’UE de la dirigeante conservatrice.

Le Parlement a une fois de plus montré qu’il ne parvenait pas à se mettre d’accord sur le type de Brexit qu’il souhaite.

 

En l’absence d’accord, ou de report du Brexit, le scénario par défaut reste une sortie sèche le 12 avril, dont la simple perspective provoque des sueurs froides aux milieux économiques.

« Un Brexit sans accord n’a jamais été mon souhait, mais il devient chaque jour plus probable », a déclaré mardi le négociateur de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, lors d’une conférence organisée par le centre de réflexion EPC à Bruxelles.

L’Union européenne « est maintenant prête » à cette éventualité, a-t-il assuré.
 

Sommet européen le 10 avril

Quelle que soit l’option retenue, Theresa May doit divulguer ses plans au prochain sommet européen exceptionnel convoqué pour le 10 avril.

Michel Barnier a souligné que si les Britanniques ne votaient « pas en faveur de l’accord de retrait dans les prochains jours, il ne restera[it] plus que deux options : partir sans accord ou demander une prorogation plus longue de la période de l’Article 50 », qui avait permis d’enclencher la procédure de divorce.

« Une telle extension comporterait des risques importants pour l’UE, d’où la nécessité d’une justification solide », a-t-il ajouté.

« Il y aurait également un coût politique. Si le Royaume-Uni est toujours membre le 23 mai, [date du début des élections européennes], il devra organiser des élections », a insisté l’ancien ministre français.

Les Remainers, les partisans d’un maintien dans l’UE, tentaient de leur côté de profiter du chaos ambiant pour pousser leurs revendications. Lundi soir « le Parlement a une fois de plus montré qu’il ne parvenait pas à se mettre d’accord sur le type de Brexit qu’il souhaite », a souligné la députée anti-Brexit Anna Soubry, une ex-conservatrice, estimant qu’un nouveau référendum était désormais « la seule option crédible restante ».