Les députés britanniques maintiennent le Brexit dans l’impasse

L’horloge tourne, et le Royaume-Uni fait du surplace. À onze jours de la sortie officielle de l’Union européenne, les parlementaires britanniques n’ont pas réussi lundi à s’entendre sur le scénario de rechange à un Brexit sans accord, et ce, après avoir rejeté une troisième fois la semaine dernière le plan de séparation négocié par Theresa May.

Au terme d’un vote attendu, Westminster a rejeté de nouveau quatre propositions d’initiative parlementaire visant à sortir de l’impasse, dont la tenue d’un nouveau référendum sur l’accord négocié, avec une majorité de 12 voix. La révocation des procédures de séparation de l’Union européenne a, elle, été repoussée de manière plus significative par une majorité de 100 députés.

Les idées d’une nouvelle union douanière avec l’UE ou encore le retour du Royaume-Uni au sein de l’Association européenne de libre échange (AELE) n’ont également pas survécu aux votes des députés. Rappelons que la Grande-Bretagne a déjà fait partie de cette zone de libre-échange sans union douanière jusqu’en 1973 au moment de son entrée au sein de la Communauté européenne. Actuellement, la Suisse, l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège en font partie.

Les résultats de ces votes ne sont pas étonnants

« Les résultats de ces votes ne sont pas étonnants, a commenté Hubert Rioux, chercheur à l’ENAP. Ils sont la répétition des votes de la semaine dernière. Reste que la proposition d’une nouvelle union douanière a été rejetée par une mince majorité de 3 voix et avec l’abstention des nationalistes écossais. » Un scénario qui pourrait donc s’affirmer dans un autre vote, si la formation politique écossaise décidait finalement de l’appuyer plutôt que de se taire.

Par Twitter, le coordonnateur du Brexit au sein du Parlement européen, Guy Verhofstadt, a commenté les votes du jour en qualifiant de « presque inévitable » un Brexit sans accord, un scénario redouté autant par le Royaume-Uni que par l’UE en raison de l’incertitude économique et des entraves à la circulation des biens et des personnes qu’il pourrait induire au moment de la transition.

Une nouvelle série de votes est prévue mercredi à Londres. Ce sera « la dernière chance pour le Royaume-Uni de sortir de l’impasse », sans quoi le pays devra « affronter l’abîme », a-t-il indiqué.

Dans les minutes qui ont suivi les résultats du vote, le député conservateur Nick Boles, du parti du pouvoir, homme ayant soumis la proposition d’un rapprochement avec l’AELE pour sortir de l’impasse, a démissionné du parti, en invoquant l’incapacité de la formation politique à faire des compromis. Depuis des mois, le Brexit divise la population britannique, les parlementaires, mais également les conservateurs de Theresa May, qui n’arrivent pas à s’entendre, tant sur le plan à appuyer que sur ceux qu’il faut rejeter pour sortir de l’impasse.

Mme May doit annoncer ses couleurs à l’UE sur la suite des choses le 10 avril prochain, lors d’un sommet exceptionnel des leaders des pays européens. Après des mois d’atermoiements britanniques, le Brexit est en train d’user la patience des 27 pays membres de l’Union. « Le Brexit est un spectacle lamentable, je le dirai sans aucune diplomatie », a indiqué en fin de semaine le ministre allemand chargé des Affaires européennes, Michael Roth, lors d’une conférence du Parti social-démocrate allemand (SPD).

Avec l'Agence France-Presse