Page blanche pour la réforme du droit d'auteur

Le texte entend adapter à l’ère du numérique la législation européenne du droit d’auteur, datant de 2001, une époque où YouTube, détenu par Google, n’existait pas.
Photo: Frederick Florin Agence France-Presse Le texte entend adapter à l’ère du numérique la législation européenne du droit d’auteur, datant de 2001, une époque où YouTube, détenu par Google, n’existait pas.

Les grands journaux polonais ont publié des pages blanches en une lundi pour appeler le Parlement européen à adopter une réforme du droit d’auteur sur Internet, qui oppose artistes et médias aux géants d’Internet.

« Nous appelons aujourd’hui les députés polonais du Parlement européen à la solidarité en soutenant le vote de la directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique », explique une pétition signée par les rédacteurs en chef de trente journaux nationaux et régionaux polonais soutenant la réforme du droit d’auteur sur Internet.

« Les créateurs ne reçoivent pas une compensation suffisante pour la diffusion de leurs oeuvres sur Internet. Ils vivent souvent dans la pauvreté ou quittent leur profession », poursuit le texte publié par le quotidien centriste Rzeczpospolita et d’autres journaux, comme Gazeta Wyborcza (gauche) et le tabloïd Fakt.

Partisans et opposants de la réforme, objet d’un lobbying intense depuis des mois, se sont fortement mobilisés ces derniers jours, avant le vote prévu mardi au Parlement européen sur cette directive en gestation depuis deux ans.

Le texte entend adapter à l’ère du numérique la législation européenne du droit d’auteur, datant de 2001, une époque où YouTube, détenu par Google, n’existait pas.

L’article 11 prévoit la création d’un droit voisin du droit d’auteur, pour les éditeurs de presse. Il doit permettre aux médias (dont l’AFP) de se faire rémunérer lors de la réutilisation en ligne de leur production par des agrégateurs d’informations, comme Google News.

La nouvelle directive « soutiendra les créateurs, mais ne nuira pas aux internautes. Elle n’enlèvera pas les droits à faire des liens, n’interdira pas les mèmes et n’imposera pas de nouvelles obligations aux portails non commerciaux », affirme cette pétition.

La réforme est soutenue par les médias et les artistes, qui veulent obtenir une rémunération plus juste des plateformes, comme YouTube ou Google, utilisatrices de leurs contenus.

Mais elle est aussi combattue avec force par Google ou Facebook, qui profitent des retombées publicitaires énormes générées par les oeuvres qu’ils hébergent, ainsi que par les partisans d’un Internet libre, qui craignent que ce canal de diffusion soit restreint.

Des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblés samedi dans des villes allemandes contre cette réforme, sous le slogan « Sauvez Internet ». D’autres manifestations ont eu lieu samedi en Autriche, en Pologne et au Portugal.