Des millions de signatures pour stopper le Brexit

Le Brexit a été décidé par 52% des voix en juin 2016.
Photo: Niklas Halle’n Agence France-Presse Le Brexit a été décidé par 52% des voix en juin 2016.

Une pétition en ligne demandant au gouvernement britannique de renoncer au Brexit a dépassé les trois millions de signatures vendredi, engrangeant un succès fulgurant deux jours après son lancement.

Selon la page de la pétition lancée sur le site du Parlement, son objectif est de « prouver la force du soutien public actuel pour rester dans l’UE ». Un autre référendum « pourrait ne jamais être organisé, donc votez maintenant », peut-on aussi lire, alors que les députés ont rejeté la semaine dernière l’option d’une seconde consultation des Britanniques.

Parmi les signataires figurent des célébrités britanniques, comme l’acteur Hugh Grant ou encore la chanteuse Annie Lennox.

La pétition a très rapidement dépassé le seuil des 100 000 signatures nécessaire pour être potentiellement débattue à Westminster. Ce débat ne peut toutefois « pas directement changer la loi ou donner lieu à un vote pour mettre en oeuvre la requête de la pétition », précise le site du Parlement.

Ce type de pétitions permet aux Britanniques d’« inscrire leurs préoccupations à l’ordre du jour politique », a dit à l’AFP Sara Hobolt, spécialiste de l’opinion publique à la London School of Economics (LSE), mais elle n’est pas « un moyen de prendre des décisions démocratiques au même titre que les élections et les référendums ».

Le Brexit a été décidé par 52 % des voix en juin 2016. Prévu initialement le 29 mars, il a été reporté à la demande du gouvernement, à avril, voire fin mai, en fonction du résultat du prochain vote du Parlement sur l’accord de retrait.

« Tout est possible »

La première ministre britannique, Theresa May, consultait vendredi son gouvernement après avoir obtenu de l’Union européenne un report du Brexit, avant d’affronter de nouveau la semaine prochaine le défi de convaincre son Parlement d’adopter son accord de divorce.

Les 27 ont décidé jeudi soir d’accorder au Royaume-Uni deux options pour un report du Brexit au-delà de la date initialement prévue du 29 mars, fixant désormais au 12 avril au plus tôt l’échéance fatidique, près de trois ans après le référendum qui a décidé d’une sortie de l’UE.

Cette décision « souligne l’importance pour la Chambre des communes de voter l’accord de Brexit la semaine prochaine », a déclaré dans la foulée Theresa May à l’issue de longues heures de négociations avec les 27.

Jusqu’au 12 avril, « tout est possible », a résumé vendredi le président du Conseil européen, Donald Tusk : « un accord, une longue extension, si le Royaume-Uni décidait de revoir sa stratégie, ou révoquer l’article 50 », c’est-à-dire renoncer au Brexit.