Trois morts dans une attaque à Utrecht aux Pays-Bas

Lundi soir, le lieu de l’attaque était toujours surveillé par un policier.
Photo: John Thys Agence France-Presse Lundi soir, le lieu de l’attaque était toujours surveillé par un policier.

Un homme a été arrêté lundi à Utrecht, aux Pays-Bas, après avoir ouvert le feu dans un tramway, faisant trois morts et cinq blessés. L’attaque a rapidement été qualifiée de terroriste par les autorités, avant que celles-ci évoquent aussi la possibilité qu’une dispute familiale soit à l’origine du drame.

Pendant près de huit heures, lundi, une véritable chasse à l’homme s’est déroulée dans le centre d’Utrecht, une ville de 340 000 habitants, la quatrième en importance du pays. Des policiers lourdement armés et des chiens pisteurs ont pris part à l’opération.

Le suspect, un homme d’origine turque, avait pris la fuite en matinée après avoir mené l’attaque dans un tramway qui circulait sur la place du 24 Octobre.

En début d’après-midi, les autorités ont rendu publique la photo du suspect, tirée d’une caméra de vidéosurveillance du tramway.

« La police recherche Gokmen Tanis, 37 ans, né en Turquie, relativement à l’incident de ce matin », avait indiqué la police d’Utrecht sur Twitter, enjoignant au public de « ne pas l’approcher ».

Toute la journée, la sécurité dans les aéroports et dans plusieurs bâtiments du pays, dont les mosquées, a été renforcée. La municipalité d’Utrecht a demandé aux écoles de garder les enfants à l’intérieur des bâtiments et a conseillé aux habitants de rester chez eux.

En après-midi, des dizaines de policiers armés ont encerclé un immeuble à quelques centaines de mètres du lieu de la fusillade. Un chien policier portant une veste avec une caméra a également été aperçu à l’extérieur du bâtiment.

En fin d’après-midi, le chef de la police d’Utrecht, Rob van Bree, a annoncé l’arrestation du suspect.

Piste terroriste ?

Au moment où ces lignes étaient écrites, les autorités disaient toujours privilégier la piste terroriste sans toutefois exclure d’autres mobiles potentiels, comme celui d’un différend familial.

Le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, a déclaré qu’« un motif terroriste n’est pas exclu » et que l’attaque avait été accueillie dans tout le pays avec « un mélange d’incrédulité et de dégoût ».

« S’il s’agit d’une attaque terroriste, alors nous n’avons qu’une réponse : notre nation, la démocratie, doit être plus forte que le fanatisme et la violence », a-t-il ajouté.

Dans la foulée de l’interpellation du suspect, le niveau de menace terroriste à Utrecht, qui avait été porté à cinq dans la journée, son plus haut niveau, a été abaissé, a confirmé le directeur de l’agence nationale pour la sécurité et le contre-terrorisme, Pieter-Jaap Aalbersberg.

Lundi, tous les partis politiques néerlandais ont suspendu leur campagne en vue des élections provinciales prévues mercredi. Ces élections détermineront la composition du Sénat.

Sur Twitter, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a affirmé que le « Canada condamnait fermement cet acte de violence horrible ». « Mes pensées vont au peuple des Pays-Bas, aux victimes de l’attaque brutale d’aujourd’hui à Utrecht, et à toutes les personnes touchées », a-t-elle ajouté.

Une femme ciblée

Selon des témoins cités par plusieurs médias, le tireur aurait pris pour cible une femme et ensuite tiré sur des personnes qui tentaient d’aider celle-ci.

Un témoin interviewé par le quotidien néerlandais Algemeen Dagblad a déclaré avoir vu la femme ramper au sol pour tenter de fuir son assaillant. « D’autres personnes ont tenté de la secourir et lorsqu’ils ont fait cela, [le suspect] a commencé à tirer sur eux », a rapporté un homme prénommé Niels.

Selon la chaîne publique NOS, Gokmen Tanis a comparu en cour le 4 mars pour être inculpé de viol.

Des témoignages recueillis auprès de proches de l’assaillant convergent également vers la thèse d’un « différend familial », a indiqué l’agence de presse étatique turque Anadolu.

Le président Recep Tayyip Erdogan a assuré que les services de renseignement turcs étaient à pied d’oeuvre pour réunir toutes les informations pertinentes concernant la tuerie.

Avec l’Agence France-Presse et Associated Press