L’inédite tribune européenne d’Emmanuel Macron

<p>Emmanuel Macron a voulu se poser en champion du camp pro-européen, soulignent analystes et responsables politiques.</p>
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse

Emmanuel Macron a voulu se poser en champion du camp pro-européen, soulignent analystes et responsables politiques.

En s’adressant directement aux « citoyens d’Europe », par-dessus la tête de leurs dirigeants et représentants, le président français, Emmanuel Macron, a voulu se poser en champion du camp pro-européen, soulignent analystes et responsables politiques.

La tribune du chef de l’État français, intitulée « Pour une renaissance européenne » et publiée simultanément dans les 28 pays de l’UE, commence en effet par ces mots : « Si je prends la liberté de m’adresser directement à vous […], c’est parce qu’il y a urgence. »

« Je ne vois pas de précédent dans l’histoire de l’Union européenne », assure à l’AFP Christian Lequesne, professeur à Sciences Po Paris et spécialiste de l’Europe.

« Cela veut dire : il y a un espace politique européen, dans cet espace politique il va y avoir, au moment des élections européennes, un affrontement entre deux camps : ceux qui veulent plus d’Europe et ceux qui détestent l’Europe. Macron dit : “Moi, j’ai l’ambition de conduire le camp de ceux qui veulent plus d’Europe” », ajoute-t-il.

« Il y a un côté très classique, c’est l’universalisme français : la France parle au monde », ajoute-t-il. « Le président Macron a une certaine aura chez tous ceux qui aujourd’hui sont inquiets pour l’avenir de l’Europe. […] Mais au-delà de ça, est-ce que le citoyen tchèque ou portugais moyen va véritablement faire attention ? Je ne sais pas », conclut Christian Lequesne.

S’adressant mardi à l’Assemblée nationale française, la ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a confirmé que la démarche consistant à « s’adresser à l’ensemble des citoyens de 28 pays de l’Union » était « sans précédent ».

« Le Royaume-Uni va quitter l’Union, partout les nationalistes montent, c’est un constat lucide des insuffisances de l’UE que dresse le président de la République. Certains semblent s’y résigner, pas nous », a-t-elle déclaré.

Impulsion

Mardi, en Europe, les premières réactions positives du camp pro-UE n’ont pas tardé.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a sans surprise salué, par la voix de son porte-parole, « la contribution importante au débat européen » du président Macron « ainsi que son engagement ferme pour identifier et répondre aux enjeux européens ».

Pour Martin Schulz, ex-président SPD du Parlement européen et ancien candidat à la chancellerie en Allemagne en 2017, « l’Europe est à un carrefour de son existence et quiconque veut que l’Europe survive et reste forte sur le long terme doit agir maintenant ».

« Macron ose beaucoup. S’il échoue dans sa courageuse politique européenne, c’est peut-être toute l’Europe qui échouera », ajoute-t-il.