Une femme à la tête de l’Estonie?

Si Kaja Kallas réussit à former le gouvernement, l’Estonie sera gouvernée par un tandem féminin. Depuis 2016, la présidence est occupée par sa première femme chef de l’État, Kersti Kaljulaid.
Photo: Raigo Pajula Agence France-Presse Si Kaja Kallas réussit à former le gouvernement, l’Estonie sera gouvernée par un tandem féminin. Depuis 2016, la présidence est occupée par sa première femme chef de l’État, Kersti Kaljulaid.

L’Estonie a de fortes chances de porter pour la première fois une femme à la tête de son gouvernement, après la victoire aux législatives dimanche du parti libéral la Réforme.

Conduit par Kaja Kallas, juriste et ex-députée européenne, la Réforme a nettement dépassé le Centre, parti du premier ministre sortant Juri Ratas, suivi par le parti d’extrême droite EKRE, en forte progression grâce à l’appui d’électeurs mécontents des zones rurales.

Si Mme Kallas réussit à former le gouvernement, l’Estonie sera gouvernée par un tandem féminin. Depuis 2016, la présidence est occupée par sa première femme chef de l’État, Kersti Kaljulaid.

Selon les plus récents chiffres de la commission électorale, la Réforme a recueilli 28,8 % des suffrages, le Centre 23 %, et EKRE 17,8 %. Au Parlement, les libéraux devraient ainsi occuper 34 des 101 sièges vacants, le Centre 26, EKRE 19, le parti conservateur Pro Patria 12 et le parti social-démocrate 10.

La Réforme a séduit les électeurs avec un programme favorable aux entreprises, des promesses de réduction d’impôts et des cotisations de l’assurance chômage pour promouvoir l’emploi. La question des impôts et des dépenses de l’État a dominé le scrutin dans ce pays membre de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN.

« La Réforme a deux options pour former une coalition, avec Pro Patria et les sociaux-démocrates ou bien avec le Centre », a annoncé Kaja Kallas par communiqué. Elle a rappelé toutefois les « fortes divergences » avec le Centre de M. Ratas dans trois domaines : la fiscalité, la citoyenneté et l’éducation.

Si les deux formations parviennent à s’entendre, comme cela leur était déjà arrivé dans le passé, les deux principaux partis disposeraient d’une majorité de 60 sièges sur 101.