Crimée: un responsable de l’Église ukrainienne affirme avoir été arrêté

L’archevêque Kliment photographié le 15 février, à Simferopol
Photo: STR / Agence France-Presse L’archevêque Kliment photographié le 15 février, à Simferopol

Le responsable en Crimée de la nouvelle Église ukrainienne indépendante de la tutelle religieuse de Moscou a affirmé dimanche avoir été arrêté par la police dans cette péninsule annexée en 2014 par la Russie.

L’archevêque Kliment a indiqué par téléphone à l’AFP avoir été arrêté alors qu’il se trouvait à un arrêt de bus à Simféropol, la capitale administrative de la Crimée. Selon lui, la police a reçu une dénonciation anonyme l’accusant de vol et de propos injurieux.

Selon l’Église orthodoxe ukrainienne à Kiev, Kliment devait se rendre en Russie pour assister au procès d’un Ukrainien accusé de « terrorisme ». « Tout ce qu’il se passe est un acte planifié pour m’empêcher de me rendre à Rostov-sur-le-Don », ville russe où se tient le procès, a affirmé Kliment, qualifiant d’« absurdes » les accusations portées contre lui.

La porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Katerina Zelenko, a pour sa part dénoncé sur Twitter une « attaque planifiée contre l’Église orthodoxe ukrainienne en Crimée ».

Prise entre les feux des lois russe et ukrainienne, la branche en Crimée de la nouvelle Église orthodoxe ukrainienne pourrait se voir forcée de quitter début mars ses locaux dans la péninsule, situés dans une cathédrale de Simferopol.

Les autorités locales exigent de cette branche de s’enregistrer officiellement en Russie, ce qu’elle refuse de faire, puisque Kiev ne reconnaît pas l’annexion de la Crimée et les nouvelles autorités arrivées au pouvoir en 2014.

Sur fond de crise sans précédent avec la Russie depuis 2014, l’Ukraine s’est dotée en décembre d’une Église orthodoxe indépendante de la tutelle religieuse de son voisin. Celle-ci réunit le Patriarcat de Kiev, autoproclamé en 1992, et la minuscule Église dite autocéphale.

La branche ukrainienne du Patriarcat de Moscou a refusé de s’associer à cette nouvelle Église et accusé de pressions les autorités de Kiev, qui la perçoivent comme une menace.