Le président basque avait averti Rajoy

Iñigo Urkullu a rappelé qu’il avait tenté de jouer un rôle de médiateur entre le gouvernement central de M. Rajoy et le gouvernement régional catalan.
Photo: Ander Gillenea Agence France-Presse Iñigo Urkullu a rappelé qu’il avait tenté de jouer un rôle de médiateur entre le gouvernement central de M. Rajoy et le gouvernement régional catalan.

Le président régional basque avait averti l’ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy avant le référendum interdit de 2017 en Catalogne que la situation risquait d’échapper « à tout contrôle », a-t-il raconté jeudi lors du procès des dirigeants indépendantistes catalans.

Entendu comme témoin par la Cour suprême, Iñigo Urkullu a rappelé qu’il avait tenté de jouer un rôle de médiateur entre le gouvernement central de M. Rajoy et le gouvernement régional catalan de Carles Puigdemont et parlé avec les deux pendant des mois avant le référendum du 1er octobre 2017, interdit par la justice.

Il a raconté avoir mis en garde M. Rajoy des conséquences potentiellement catastrophiques de la crise en Catalogne dès le 21 septembre 2017, au lendemain de l’interpellation de plusieurs dirigeants catalans et de la perquisition au ministère régional de l’Économie à Barcelone.

Quelques véhicules des forces de l’ordre avaient été détruits lors de la manifestation contre ces perquisitions, des faits qui sont au centre du procès, car ils font partie, selon le parquet, de ceux justifiant les poursuites pour « rébellion ».

« J’ai fait l’observation du fait que la situation échappait à tout contrôle », lors d’une conversation avec M. Rajoy, a affirmé M. Urkullu.

« Je lui ai dit […] qu’il fallait considérer les prochaines étapes de façon mesurée afin de ne pas provoquer des situations pouvant conduire à une fracture sociale », a-t-il ajouté.

M. Urkullu a par ailleurs indiqué qu’il avait redoublé d’efforts en octobre 2017 pour dissuader M. Puigdemont de déclarer unilatéralement l’indépendance le 27.

M. Puigdemont « n’avait aucune envie de procéder à la déclaration unilatérale d’indépendance » et ne l’a fait que sous la pression de sa base, a assuré M. Urkullu.

Selon lui, Rajoy n’était de son côté « pas très enclin » à mettre la région sous tutelle et ne l’aurait pas fait si Puigdemont avait convoqué des élections régionales pour tenter de sortir de la crise.

Le 27 octobre, après l’adoption de la déclaration unilatérale d’indépendance, Madrid avait destitué le gouvernement de Puigdemont, dissous le Parlement et suspendu l’autonomie de la Catalogne.