Mariano Rajoy témoignera le 26 février au procès des indépendantistes catalans

Mariano Rajoy etait le chef du gouvernement espagnol au moment de la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017.
Photo: Oscar Del Pozo Agence France-Presse Mariano Rajoy etait le chef du gouvernement espagnol au moment de la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017.

Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol au moment de la tentative de sécession de la Catalogne en octobre 2017, témoignera le 26 février au procès de douze anciens dirigeants indépendantistes catalans, a annoncé mardi la Cour suprême.

L’ancien dirigeant conservateur témoignera à 16 h (10 h au Québec) lors de la septième journée d’audience de ce procès historique dont le principal accusé, l’ancien vice-président catalan Oriol Junqueras, risque 25 ans de prison pour rébellion et détournement de fonds.

À la tête de l’Espagne lors de la pire crise politique vécue par le pays en 40 ans de démocratie, M. Rajoy avait suspendu l’autonomie de la Catalogne le 27 octobre 2017 et destitué le gouvernement régional séparatiste de Carles Puigdemont après le vote au parlement catalan d’une déclaration unilatérale d’indépendance.

L’ex-vice-présidente espagnole Soraya Saenz de Santamaria, qui était chargée des relations avec les régions, doit témoigner le 27, comme les ex-ministres des Finances, Cristobal Montoro, et de l’Intérieur, Juan Ignacio Zoido.

Le président du Pays basque Iñigo Urkullu, qui avait servi de médiateur entre Barcelone et Madrid au paroxysme des tensions, doit témoigner le 28, tout comme la maire de Barcelone, Ada Colau (gauche).

Mardi, au quatrième jour d’audience du procès entamé le 12 février, l’accusation a interrogé l’accusé Jordi Turull, ancien porte-parole de l’exécutif de Carles Puigdemont.

« Ca n’a rien d’anormal d’essayer, par la voie pacifique et démocratique, de faire ce à quoi vous vous êtes engagés auprès des citoyens de Catalogne », a-t-il affirmé, en référence au programme indépendantiste de la coalition « Ensemble pour le oui ».

L’une des questions-clés du procès consiste à déterminer l’existence ou non d’un « soulèvement violent », élément indispensable pour soutenir l’accusation de « rébellion » formulée par le parquet contre neuf des douze accusés.

« Les gens en Catalogne, quoi qu’ils pensent, qu’ils soient ou non indépendantistes, sont pacifiques », a tranché M. Turull.

Le procès a de fortes répercussions politiques, alors que l’Espagne entre dans une période électorale très chargée avec des élections législatives, municipales, européennes et régionales en moins d’un mois.