Macron envisage un référendum après le grand débat

<p>Le chef de l’État tente de reconquérir l’opinion après deux mois et demi de fronde sociale et de manifestations tous les samedis.</p>
 
Photo: Michel Euler / Pool / Agence France-Presse

Le chef de l’État tente de reconquérir l’opinion après deux mois et demi de fronde sociale et de manifestations tous les samedis.

 

Le président français, Emmanuel Macron, qui poursuivra lundi le « grand débat national » directement en banlieue parisienne pour sortir de la crise des gilets jaunes, pourrait envisager l’organisation d’un référendum, a dévoilé la presse.

« Selon les confidences de ses proches, le président de la République est prêt à convoquer un référendum le jour des élections européennes, le 26 mai » pour calmer le mécontentement populaire, écrit ainsi Le Journal du dimanche.

Emmanuel Macron tente en effet de reconquérir l’opinion publique après deux mois et demi de fronde sociale et de manifestations tous les samedis. Ainsi, pour la douzième semaine consécutive — « l’acte XII » du mouvement —, les cortèges ont rassemblé le 2 février 58 600 personnes dans toute la France, selon le comptage réalisé par le cabinet Occurrence pour un groupe de médias, dont l’AFP. Des manifestations émaillées d’incidents à Paris et dans plusieurs villes.

La journée était dédiée aux victimes des « violences policières », qui ont souvent ouvert la marche avec leurs bandages.

Double vote

Les questions posées aux Français à l’occasion d’un tel référendum pourraient notamment porter sur des sujets institutionnels, comme la réduction du nombre des parlementaires, la reconnaissance du vote blanc et la limitation du cumul des mandats dans le temps. « Tout est sur la table, mais rien n’est décidé », a réagi dimanche l’entourage du président auprès de l’AFP.

Jeudi, M. Macron a confié à plusieurs journalistes que la question d’un référendum ferait « partie des sujets discutés » et devait « être cogitée ».

La concomitance entre un tel référendum et un scrutin européen jugé comme déterminant pour l’avenir de l’Union européenne (UE) ne serait pas sans difficulté.

Un ministre, qui préférerait un référendum à questions multiples en juin, ou en septembre, insistait cette semaine sur le défi logistique que représenterait ce double vote. Sans oublier qu’il risquerait d’éclipser les enjeux européens si chers à Emmanuel Macron.

« Je souhaite qu’on parle d’Europe le 26 mai », a d’ailleurs relevé dimanche la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau, prenant clairement ses distances. Selon elle, le président Macron n’a « pas encore pris sa décision ».

D’autres redoutent un vote sanction contre le gouvernement, quatorze ans après le non français au référendum de 2005 pour une Constitution européenne.

« Il n’y a aucun tabou, aucun interdit pour le chef de l’État, mais il faut évidemment attendre la fin du débat avant d’envisager quoi que ce soit », souligne le ministre chargé des Collectivités territoriales Sébastien Lecornu, coanimateur du grand débat, dans le quotidien régional Ouest France dimanche.

Après quatre premières rencontres sous forme de stand-up, Emmanuel Macron se rend lundi à Evry-Courcouronnes, à une trentaine de kilomètres au sud de Paris, avec environ 300 élus et représentants d’associations. Jeudi, il ira à la rencontre des jeunes qui ont jusqu’à présent largement boudé ces discussions.

L’organisation de débats publics partout en France sous l’égide des mairies est une réponse des autorités à la crise des « gilets jaunes », un mouvement social contre la politique fiscale et pour la défense du pouvoir d’achat en cours depuis le 17 novembre. Les premières rencontres ont débuté mi-janvier et s’achèveront mi-mars.