«Gilets jaunes»: le torchon brûle entre Rome et Paris

La polémique continuait mardi après le soutien appuyé aux «gilets jaunes» des poids lourds du gouvernement populiste italien.
Photo: Charly Triballeau Archives Agence France-Presse La polémique continuait mardi après le soutien appuyé aux «gilets jaunes» des poids lourds du gouvernement populiste italien.

La polémique continuait mardi après le soutien appuyé aux « gilets jaunes » des poids lourds du gouvernement populiste italien, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, avec une ministre française appelant à davantage de « respect » et M. Di Maio fustigeant l’« hypocrisie » française.

La ministre française pour les Affaires européennes, Nathalie Loiseau, avait invité lundi soir sur Twitter le gouvernement italien à « balayer devant sa porte », rappelant que la France se gardait bien de « donner des leçons ».

   

Devant des journalistes mardi à Bruxelles, elle a insisté : « Je pense que la priorité du gouvernement italien, c’est de s’occuper du bien-être du peuple italien, je ne suis pas sûre que de s’intéresser aux gilets jaunes a quoi que ce soit à voir avec le bien-être du peuple italien. »

« J’ai beaucoup entendu le gouvernement italien demander le respect pour la manière dont il gouvernait l’Italie. Ce respect leur est dû, mais il est dû à n’importe quel pays, surtout quand on est voisins, alliés et amis », a-t-elle poursuivi.

« Que d’hypocrisies », a dénoncé mardi sur Facebook M. Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Étoiles (M5S, anti-système), une des deux composantes de la majorité gouvernementale avec la Ligue (extrême droite) de M. Salvini.

Mme Loiseau, « peut-être, ne se souvient pas du président [français Emmanuel] Macron quand il nous comparait à la lèpre en parlant de notre gouvernement », a-t-il ajouté.

« Le peuple français demande le changement et une meilleure prise en compte de ses exigences. Je ne peux pas ne pas partager ces souhaits », a-t-il ajouté, critiquant au passage la politique « colonialiste » de la France en Afrique.

« Il est temps d’arrêter d’appauvrir l’Afrique avec des politiques colonialistes, qui provoquent des vagues migratoires vers l’Europe, que l’Italie s’est retrouvée à plusieurs reprises à devoir affronter seule », a-t-il ainsi assuré.

 

 

Lundi, MM. Di Maio et Salvini avaient spectaculairement apporté leur soutien aux « gilets jaunes », se réjouissant de cette « nouvelle Europe » en train de naître à quelques mois des élections européennes.

« Gilets jaunes, ne faiblissez pas ! » avait ainsi écrit M. Di Maio sur le blogue du M5S, mouvement politique atypique né en 2009 du rejet de la vieille classe politique par une partie des Italiens.

« Je soutiens les citoyens honnêtes qui protestent contre un président gouvernant contre son peuple », a déclaré M. Salvini, avant de souhaiter le départ du président français Emmanuel Macron : « Plus vite il rentrera chez lui, mieux ça vaudra ! »

En Italie, l’opposition a cependant rappelé que la loi immigration et sécurité, voulue par M. Salvini et entrée en vigueur il y a un mois, rétablissait le délit de blocage routier — une tactique phare des « gilets jaune » —, qui avait été dépénalisée en 1999 en Italie et est désormais passible de prison ferme.