1200 manifestants à Nantes, des heurts à Bordeaux

À Bordeaux, des heurts ont opposé samedi après-midi les forces policières à des manifestants dans le centre-ville.
Photo: Georges Gobet Agence France-Presse À Bordeaux, des heurts ont opposé samedi après-midi les forces policières à des manifestants dans le centre-ville.

Environ 1200 personnes ont défilé dans une certaine tension samedi après-midi à Nantes, selon la police qui a procédé à cinq interpellations et utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants vêtus pour la plupart de gilets jaunes, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Un policier a été blessé et les manifestants « étaient 1200 au plus fort » du rassemblement qui a démarré à 13 h 00, a rapporté la police.

Les manifestants ont d’abord parcouru dans le calme le cours des 50-Otages, une large avenue du centre-ville de Nantes, sur plusieurs centaines de mètres jusqu’à la préfecture.

Sans parcours préétabli, le cortège a alors été repoussé par les forces policières qui ont tiré des grenades lacrymogènes, puis les manifestants ont repris le chemin inverse et ont effectué des va-et-vient sur le cours des 50-Otages, la police bloquant les accès aux rues perpendiculaires.

« On est écrasés sous les taxes et les mesures de Macron, il y a beaucoup de gens qui ne vont pas en bénéficier », a estimé Manuella, une jeune mère de famille de 35 ans qui est aide-soignante.

Déplorant « une violence inouïe », Manuella a choisi de ne pas porter de gilet jaune car elle estime que cela fait d’elle « une cible ».

La foule dans son ensemble était composée surtout de personnes vêtues de gilets jaunes. On apercevait aussi des drapeaux français, bretons et syndicaux et une large banderole proclamant : « on veut pas des miettes, on veut la boulangerie ».

Sous une pluie battante, Manuella s’était abritée sous un grand parapluie noir et se tenait à l’écart du cortège, dans le but, a-t-elle dit, de protéger les passants qui poursuivaient leurs achats de Noël dans les rues adjacentes.

« Des passants se sont fait gazer » la semaine dernière, s’est-elle alarmée, évoquant la manifestation du 8 décembre à Nantes qui avait rassemblé près de 3000 personnes.

La police avait procédé à treize interpellations, tandis que trois manifestants et cinq policiers avaient été blessés.

Jets de bouteille, pétards et gaz lacrymogènes à Bordeaux

À Bordeaux, des heurts ont opposé samedi après-midi les forces policières à des manifestants dans le centre-ville, déjà théâtre de violences lors des précédentes protestations de « gilets jaunes ».

Dès 16 h 00, les forces policières stationnées près de la cathédrale et de la mairie, ont commencé à repousser des manifestants en actionnant à de multiples reprises un engin lanceur d’eau et en utilisant des gaz lacrymogènes.

Les protestataires jetaient de leur côté des projectiles divers, bouteilles ou feux d’artifice en tir tendu.

Les heurts ont commencé après une heure de face-à-face avec des manifestants lançant des slogans et les forces policières, massées derrière des véhicules de police, des barrières et des « dispositifs de retenue autonome du public », sorte de hauts vantaux articulés destinés à contenir la foule.

S’en est suivie une heure de confrontations sporadiques entre forces policières et quelques dizaines de manifestants régulièrement repoussés alors que de nombreux autres restaient spectateurs sur les côtés.

Vers 17 h 00, aucune scène de pillage ou de casse n’était enregistrée, contrairement à samedi dernier.

En début d’après-midi, la préfecture avait fait état de 14 interpellations en marge du mouvement qui a rassemblé 4500 personnes, autant que ses estimations de la semaine dernière.

Bordeaux avait mobilisé plus de 600 policiers et gendarmes, ainsi que 2 véhicules blindés et, nouveauté, 1 engin lanceur d’eau.

Les « gilets jaunes » étaient convoqués à deux manifestations différentes, l’une se voulant pacifiste, mais les militants ont finalement tous rejoint la place de la Bourse, près de la Garonne, lieu désormais traditionnel de début de rassemblement.

Les « gilets jaunes » ont d’abord observé une minute de silence pour les victimes de l’attentat de Strasbourg, « et pour les gilets jaunes morts depuis le début du mouvement », avant d’entonner la Marseillaise.

Le cortège a ensuite traversé la ville sans violence, des manifestants faisant même une chaîne pour détourner le cortège et l’empêcher d’atteindre la place Pey Berland, en centre-ville, où les affrontements avaient eu lieu samedi dernier. Une boutique Apple avait également été pillée, plusieurs façades de banques et magasins détériorées et la journée s’était soldée par une trentaine de blessés, dont un grave, et quelque 70 interpellations.