La Roumanie consacre une cathédrale orthodoxe qui divise

La cathédrale s’étale sur près de 14 000 m2 et peut accueillir jusqu’à 5000 fidèles.
Photo: Daniel Mihailescu Agence France-Presse La cathédrale s’étale sur près de 14 000 m2 et peut accueillir jusqu’à 5000 fidèles.

Des dizaines de milliers de fidèles roumains ont assisté dimanche à Bucarest à la consécration d’une gigantesque cathédrale orthodoxe, qui fait polémique en raison de son financement par des fonds publics.

Rassemblés sur le parvis de l’édifice — toujours en chantier et enveloppé dans un épais brouillard —, ils ont suivi sur des écrans géants la messe célébrée par le patriarche oecuménique Bartholomée Ier de Constantinople et le patriarche roumain Daniel.

« Il s’agit d’un événement unique, j’ai voulu à tout prix être présent, d’autant plus que cette cathédrale symbolise le centenaire de la Roumanie », fondée le 1er décembre 1918, dit à l’AFP Ion Duta, un retraité de Bucarest.

La « Cathédrale du salut de la nation », dont la construction a commencé en 2010, a jusqu’ici englouti 110 millions d’euros (165 millions de dollars canadiens), les trois quarts provenant des caisses de l’État. Son coût final pourrait avoisiner 200 millions d’euros (300 millions de dollars).

« Les coûts sont élevés, certes, mais au moins l’Église a démontré qu’elle peut bâtir un tel édifice, alors que nos élus sont incapables de construire des autoroutes », commente Georgiana, 50 ans, venue de Câmpina, une ville située dans le sud du pays.

La cathédrale s’étale sur près de 14 000 m2 et peut accueillir jusqu’à 5000 fidèles.

Dans un pays de 20 millions d’habitants, dont 88 % d’orthodoxes, les gouvernements successifs de gauche comme de droite ont consacré des fonds importants à cet édifice, espérant bénéficier en échange du soutien de l’Église. Mais son coût total fait grincer des dents alors que la Roumanie, deuxième pays parmi les plus pauvres de l’Union européenne, souffre en raison des infrastructures vétustes, qui découragent l’implantation d’investisseurs étrangers et stimulent l’exode des jeunes.