Manifestation pour un nouveau référendum sur le retrait du Royaume-Uni de l’UE

La manifestation était baptisée «People’s Vote March» (Manifestation pour un vote populaire).
Photo: Niklas Halle'n Agence France-Presse La manifestation était baptisée «People’s Vote March» (Manifestation pour un vote populaire).

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté, samedi, dans le centre de Londres afin de réclamer un nouveau référendum sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) et un mot à dire sur l’entente finale que conclura le gouvernement britannique avec l’organisation de 28 pays.

Selon les organisateurs, un autre vote est requis parce que de nouveaux éléments concernant la complexité du processus de retrait et son coût ont émergé depuis que les Britanniques ont décidé de quitter l’UE en 2016.

Les organisateurs ont estimé qu’environ 700 000 personnes avaient participé au rassemblement de samedi. Quelque 150 autobus ont transporté des milliers de militants provenant des quatre coins du pays jusqu’à la capitale. Les autorités n’ont pas fourni de chiffres par rapport à la foule.

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a pris part à la manifestation, baptisée « People’s Vote March » (Manifestation pour un vote populaire).

En entrevue avec la BBC, M. Khan a déclaré que, pour le moment, la seule proposition avancée par la première ministre Theresa May était un mauvais accord ou pas d’accord du tout, une offre « à un million d’années-lumière de ce qui a été promis il y a deux ans et demi ».

Il a ajouté que le rassemblement de samedi était « une manifestation pour l’avenir » et pour les jeunes Britanniques, dont ceux qui n’avaient pas l’âge légal pour voter en 2016 lorsque les Britanniques ont décidé à 52 % contre 48 de sortir de l’UE.

Le maire, qui fait partie de l’opposition travailliste, avait déjà soutenu par le passé les appels à un nouveau référendum afin que l’électorat puisse accepter l’accord proposé par Mme May ou choisir de rester au sein de l’UE.

La première ministre progressiste-conservatrice a écarté la possibilité de tenir un second référendum sur le sujet.

Le Royaume-Uni doit se retirer de l’UE le 29 mars, mais les négociations sur la séparation ont donné lieu à des désaccords, particulièrement en ce qui concerne la future frontière entre la République d’Irlande, qui restera membre de l’UE, et l’Irlande du Nord, qui fait partie du Royaume-Uni.

Prenant la parole après une rencontre infructueuse avec l’UE cette semaine à Bruxelles, Theresa May avait affirmé qu’elle envisagerait la possibilité de prolonger de 21 mois la période de transition pour le retrait du Royaume-Uni, ce qui permettrait au pays de continuer à observer les règles de l’organisation pendant plus de deux ans après la date officielle de son départ en mars prochain.

L’UE a indiqué que cette prolongation donnerait plus de temps pour conclure un accord assurant la paix à la frontière de la République d’Irlande et de l’Irlande du Nord. Les politiciens britanniques en faveur du retrait ont toutefois estimé qu’il s’agissait d’une tentative pour forcer le Royaume-Uni à demeurer lié indéfiniment à l’organisation.