Début des discussions en vue d’une coalition au Luxembourg

Le premier ministre sortant, Xavier Bettel
Photo: Christof Stache Agence France-Presse Le premier ministre sortant, Xavier Bettel

Les discussions ont débuté lundi au Luxembourg en vue de la formation d’une nouvelle coalition de gouvernement, au lendemain d’élections législatives marquées par un tassement des grands partis et une progression des écologistes.

Comme il est d’usage, le premier ministre sortant, le libéral Xavier Bettel, a présenté la démission de son gouvernement au grand-duc Henri, qui l’a chargé d’expédier les affaires courantes d’ici à la formation d’une nouvelle équipe.

Le grand-duc a ensuite nommé un « informateur », une personne qui au Luxembourg a pour mission d’explorer quels partis politiques pourraient s’entendre pour former un gouvernement, a annoncé la Cour grand-ducale en fin d’après-midi.

La nomination de la procureure générale d’État Martine Solovieff a ainsi clos une journée d’audiences du grand-duc avec M. Bettel, les présidents de la Chambre des députés et du Conseil d’État, ainsi que les présidents des partis politiques.

Le parti social-chrétien (CSV, 28 % des suffrages) est arrivé en tête des élections, devant les socialistes et les libéraux.

L’ordre de classement du trio est le même que lors du précédent scrutin de 2013, mais ces trois formations voient leur score se tasser, tandis que les écologistes progressent nettement en gagnant trois sièges à la Chambre (à 9 au total).

Les sociaux-chrétiens — dans l’opposition depuis 2013 — demeurent le premier parti avec 21 sièges, devant les libéraux de Xavier Bettel (12), les socialistes (10) et les écologistes (9).

« La percée des Verts est intéressante parce qu’elle est simultanée à ce qui se passe en Allemagne », a commenté pour l’AFP Philippe Poirier, politologue à l’Université du Luxembourg.

« Mais la vraie surprise, c’est le parti pirate qui a pris deux sièges », a-t-il enchaîné. Cette petite formation va faire son entrée à la Chambre des députés neuf ans après sa création.

Arithmétiquement, la coalition sortante composée des socialistes, des libéraux et des écologistes pourrait être maintenue et passerait de 32 à 31 sièges. Elle serait toutefois fragilisée, selon M. Poirier.

Le président de la Chambre des députés étant issu de la majorité, celle-ci compterait alors 30 parlementaires soit le même nombre que l’ensemble des partis de l’opposition.

Pour conserver son poste de premier ministre, Xavier Bettel a un avantage sur ses concurrents : il a enregistré le meilleur score en « voix de préférence » auprès des électeurs avec plus de 30 000 votes, contre 27 000 pour le meneur des sociaux-chrétiens, Claude Wiseler.

Au Luxembourg, les électeurs peuvent voter pour des listes politiques, mais aussi attribuer des voix de préférence à un ou plusieurs candidats.

Des membres de la coalition actuelle pilotée par le libéral Xavier Bettel ont déjà exprimé leur souhait de reconduire l’alliance sortante. Les écologistes et les socialistes ont en outre annoncé que leurs comités exécutifs respectifs étaient favorables à une nouvelle coalition avec les libéraux.

Ces derniers se réunissaient lundi soir. Dès dimanche, Xavier Bettel avait affirmé sur l’antenne de RTL qu’au vu des résultats, « mon gouvernement a été confirmé ».