Le second suspect de l’affaire Skripal est dévoilé

Début septembre, la police avait présenté les noms de deux hommes russes, Alexandre Petrov et Ruslan Boshirov, suspectés d’avoir perpétré la tentative d’empoisonnement au Novitchok de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, en mars dernier.
Photo: Ben Stansall Agence France-Presse Début septembre, la police avait présenté les noms de deux hommes russes, Alexandre Petrov et Ruslan Boshirov, suspectés d’avoir perpétré la tentative d’empoisonnement au Novitchok de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, en mars dernier.

Le second suspect de la tentative d’empoisonnement de l’ex-espion russe Sergueï Skripal en mars à Salisbury, en Angleterre, est un médecin du service de renseignement militaire russe (GRU), a annoncé lundi le site de journalisme d’enquête Bellingcat.

« Nous avons identifié “Alexandre Petrov” comme étant Alexandre Yevgenïevich Michkin, un médecin militaire employé par le GRU », précise Bellingcat, basé à Leicester, dans le centre de l’Angleterre.

Le média en ligne explique s’être appuyé sur « de multiples sources », dont des « témoignages de personnes connaissant » l’individu, ainsi que des copies de documents d’identité, notamment une copie avec photo de son passeport.

Le ministère britannique des Affaires étrangères s’est refusé à tout commentaire sur cette annonce.

Toujours selon Bellingcat, Alexandre Yevgenïevich Michkin est né le 13 juillet 1979 à Loyga, en Russie. Il a étudié la médecine dans une académie militaire, avant de suivre un entraînement au sein de la marine russe. Recruté durant ses études par le GRU, il a ensuite pu disposer d’une carte d’identité et d’un passeport sous le nom d’Alexandre Petrov.

Entre 2011 et 2018, il a « beaucoup voyagé » avec sa nouvelle identité, se rendant à de nombreuses reprises en Ukraine lors du mouvement de soulèvement du Maïdan, et en Transnistrie, un territoire séparatiste moldave pro-russe qui a fait sécession de la Moldavie au début des années 1990, après l’effondrement de l’Union soviétique.

Début septembre, la police britannique avait présenté les noms de deux hommes russes, Alexandre Petrov et Ruslan Boshirov, suspectés d’avoir perpétré la tentative d’empoisonnement au Novitchok, un puissant agent innervant, de l’ex-espion russe Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, survenue le 4 mars à Salisbury.

La première ministre britannique, Theresa May, avait alors accusé les services de renseignement militaire russes d’être derrière cette attaque. La police avait lancé un mandat d’arrêt européen, en soulignant que les noms utilisés étaient sans doute des alias.


Première révélation

Le 26 septembre, le site Bellingcat avait déjà révélé l’identité de l’autre suspect, Ruslan Boshirov. « Le suspect est en fait le colonel Anatoli Tchepiga, un officier du GRU décoré de hautes distinctions », avait affirmé Bellingcat. Ces informations avaient été rejetées par Moscou. « Beaucoup de gens se ressemblent », avait simplement répondu le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le 12 septembre, le président russe, Vladimir Poutine, avait déclaré savoir qui étaient les deux hommes mis en cause par Londres, mais il avait assuré qu’ils étaient des « civils » n’ayant rien fait de « criminel ».

Selon Scotland Yard, les deux hommes avaient effectué un séjour de 48 heures en Angleterre, entre le 2 et le 4 mars. Ils séjournaient à Londres, et s’étaient rendus à deux reprises à Salisbury : ils auraient effectué un « voyage de reconnaissance » le 3 mars, avant de contaminer « la porte d’entrée [de Sergueï Skripal] avec le Novitchok » le lendemain, avant de reprendre un vol vers Moscou.

Cette affaire avait provoqué une crise diplomatique majeure, conduisant à l’expulsion de plus de 300 diplomates russes ou occidentaux.