La gauche italienne cherche un nouveau souffle

Des dizaines de milliers de partisans du Parti démocrate se sont retrouvés à la piazza del Popolo, la place du Peuple, pour témoigner de «l’Italie qui n’a pas peur».
Photo: Alberto Pizzoli Agence France-Presse Des dizaines de milliers de partisans du Parti démocrate se sont retrouvés à la piazza del Popolo, la place du Peuple, pour témoigner de «l’Italie qui n’a pas peur».

Le Parti démocrate (PD, centre gauche), en pleine déroute depuis son cuisant échec aux législatives italiennes de mars, a cherché dimanche à se relancer avec une manifestation à Rome, quatre mois après la victoire des antisystème et de l’extrême droite.

Des dizaines de milliers de partisans de ce parti de centre gauche se sont retrouvés piazza del Popolo, place du peuple, pour témoigner de « l’Italie qui n’a pas peur », selon une grande banderole déployée en arrière-plan de cette manifestation, la première depuis l’arrivée au pouvoir début juin à Rome du Mouvement 5 Étoiles et de la Ligue.

« Nous sommes en présence d’irresponsables et de bons à rien », s’est exclamé l’ancien secrétaire général du PD, et ex-premier ministre Matteo Renzi, à l’adresse des dirigeants du premier gouvernement populiste dans un pays fondateur de l’Union européenne.

Ce parti de centre gauche, héritier lointain du PCI, le parti communiste italien, peine également à trouver une solution à la longue descente aux enfers qu’il subit depuis 2014.

Le PD, au pouvoir de 2013 à 2018, triomphait alors avec son jeune leader Matteo Renzi, récoltant 41 % des votes aux élections européennes, ne laissant que des miettes à ses adversaires. Mais les défaites se sont ensuite succédé : en mai 2015, il perd la région de Ligurie et la municipalité de Venise, entre autres.

En juin 2016, il prend une gifle : c’est Rome, la capitale, et une autre grande ville, Turin, qui passent au Mouvement 5 Étoiles (M5S, antisystème), puis c’est l’échec retentissant, en décembre de la même année, au référendum constitutionnel rejeté par 59 % des Italiens. Matteo Renzi démissionne, mais rien à faire. En juin 2017, le PD perd la ville de Gênes, qu’il avait gouvernée pendant des décennies, puis en novembre la Sicile, pour arriver au 4 mars 2018 et toucher le fond : 18,7 % de voix recueillis, le minimum depuis l’existence du PD.

« Le PD a besoin d’un nouveau leadership. Aujourd’hui, un parti sans leader ne va nulle part », poursuit M. D’Alimonte.

« Quiconque sera le ou la secrétaire du PD devra avoir le consensus et le soutien de tous les autres, une fois terminé le congrès », a averti de son côté M. Renzi en marge de la manifestation, dénonçant au passage « les tirs amis » dont il dit avoir été victime pendant son mandat.