Les Londoniens devront encore attendre leur nouvelle ligne de métro

La Elizabeth Line devrait être utilisée par 200 millions de voyageurs par an.
Photo: Tolga Akmen Agence France-Presse La Elizabeth Line devrait être utilisée par 200 millions de voyageurs par an.

Les Londoniens devront attendre encore de longs mois pour pouvoir emprunter leur nouvelle ligne de métro, qui doit relier l’aéroport de Heathrow aux quartiers d’affaires de la capitale britannique tout en aidant à décongestionner un réseau chroniquement surchargé.

Prévue en décembre, l’ouverture du premier tronçon de la Elizabeth Line, la section centrale qui reliera Londres d’est en ouest entre Abbey Wood et la gare de Paddington, a été reportée à « l’automne 2019 », a précisé l’autorité londonienne responsable des transports (TfL) dans un communiqué.

Elle a expliqué avoir besoin de « davantage de temps » pour procéder à des tests de sécurité à l’intérieur des tunnels et développer les « logiciels de systèmes ferroviaires ».

« Il est décevant de retarder l’ouverture, mais il est primordial de s’assurer que la ligne est sûre et fiable pour nos clients dès le premier jour », a expliqué Mark Wild, le directeur général du métro de Londres.

Mais pour Andrew Adonis, membre de la chambre des Lords et ancien président de la commission nationale des infrastructures, cette annonce est « une catastrophe de plus sur le compte de Chris Grayling », le ministre des Transports.

Une ruse classique

« Faire passer en douce cette annonce le dernier vendredi du mois d’août, au 39e jour de la pause parlementaire, est une ruse classique », a-t-il aussi dénoncé sur Twitter, estimant que le projet enregistrait une « débâcle » après le départ du directeur général du projet Andre Wolstenholme, qui a rejoint le privé en mars, et les dépassements budgétaires annoncés le mois dernier.

En juillet, le gouvernement avait été contraint d’annoncer une hausse de 600 millions de livres du coût du projet. Des critiques avaient alors été formulées contre les rémunérations de ses dirigeants, parmi « les plus hauts salaires du secteur public », selon le quotidien The Guardian.

À terme, l’Elizabeth Line permettra de rallier Reading et l’aéroport de Heathrow, dans l’ouest de la capitale, à Shenfield, dans la banlieue est de Londres, sur 41 stations réparties sur une centaine de kilomètres, dont 42 km de tunnels.

La date de mise en service de la ligne dans sa totalité n’a pas été communiquée. Elle aura lieu « aussi vite que possible » après l’inauguration du tunnel central.

« Phase finale »

Simon Wright, le directeur général de Crossrail Limited, la structure qui regroupe les entreprises impliquées dans le projet, a assuré que ce chantier, « l’un des plus complexes et difficiles jamais entrepris au Royaume-Uni », était actuellement « dans sa phase finale ».

En juillet, le secrétaire d’État aux Transports, Jo Johnson, avait assuré dans une déclaration écrite au Parlement que le programme était « réalisé à 93 % ».

Selon Crossrail Limited, cette nouvelle infrastructure renforcera de 10 % les capacités de transports en commun par rail dans la capitale. Elle doit ainsi aider à décongestionner un réseau de trains, métros et bus qui a souffert d’un manque cruel d’investissements depuis des décennies.

Selon les prévisions, cette ligne devrait être utilisée par 200 millions de voyageurs par an.

Son chantier avait été lancé en octobre 2009, pour un coût estimé à 14,8 milliards de livres (16,5 milliards d’euros), un chiffre révisé en juillet 2018 à 15,4 milliards de livres (17 milliards d’euros). Il était présenté par ses promoteurs comme « le plus vaste projet de construction en Europe », mobilisant jusqu’à 12 000 employés.

Un projet comparable, Crossrail 2, prévoyant la construction d’une ligne traversant Londres du nord au sud, est actuellement à l’étude. Le gouvernement a lancé en mars une étude sur la faisabilité du nouveau chantier, qui pourrait coûter 30 milliards de livres (33,5 milliards d’euros).