Londres somme Moscou de s'expliquer après un nouvel empoisonnement

Des policiers montent la garde devant la résidence où un homme et une femme ont été retrouvés inconscients.
Photo: Chris J Ratcliffe Agence France-Presse Des policiers montent la garde devant la résidence où un homme et une femme ont été retrouvés inconscients.

Londres a sommé jeudi la Russie de s’expliquer après l’empoisonnement d’un couple de Britanniques, exposés au Novitchok, le même agent innervant que celui utilisé quatre mois plus tôt contre un ex-espion russe et sa fille, suscitant des inquiétudes dans la population locale.

« Il est maintenant temps que l’État russe explique exactement ce qui s’est passé », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Sajid Javid, au Parlement à l’issue d’une réunion d’urgence. « Il est totalement inacceptable que nos citoyens soient des cibles délibérées ou accidentelles ou qu’on déverse du poison dans nos rues, nos parcs, nos villes. »

Le Royaume-Uni a alerté l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), selon un porte-parole de Downing Street.

Les deux Britanniques, un homme de 45 ans et une femme de 44 ans, ont été pris en charge dans un état critique samedi à Amesbury. Cette petite ville du sud-ouest de l’Angleterre est située à une douzaine de kilomètres de Salisbury, où Sergueï et Ioulia Skripal avaient été empoisonnés début mars au Novitchok, un agent neurotoxique de conception soviétique.

Londres avait pointé du doigt la Russie, qui a nié toute implication, engendrant une grave crise diplomatique entre Moscou et les Occidentaux. Les Skripal étaient finalement sortis d’affaire après plusieurs semaines d’un lourd traitement médical.

Moscou s’est défendu jeudi en disant ne pas avoir « d’informations sur la substance utilisée », mais se disant « très préoccupé » par « l’utilisation répétée de telles substances en Europe ».

« Nous appelons les forces de l’ordre britanniques à ne pas céder aux sales jeux politiques commencés par certaines forces à Londres », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe. « Le gouvernement de Theresa May et ses représentants auront à s’excuser. »

Les nouvelles victimes du poison demeuraient « dans un état critique » jeudi, selon l’hôpital de Salisbury où elles sont soignées.

Le couple a été exposé au poison « après avoir manipulé un objet contaminé », a indiqué la police londonienne, dont la branche antiterroriste a pris les rênes de l’enquête, sans pouvoir dire à ce stade s’il provient du même lot que celui des Skripal.

Selon M. Javid, il serait « entré en contact avec l’agent neurotoxique dans un endroit différent » des sites décontaminés après le précédent empoisonnement. Une des hypothèses est que « l’un des deux a ramassé le contenant utilisé pour stocker l’agent neurotoxique utilisé contre les Skripal », a précisé une source gouvernementale.