Merkel évite l’implosion de son gouvernement en Allemagne

Angela Merkel a finalement réussi à préserver son gouvernement en concluant avec son ministre de l’Intérieur un compromis restreignant fortement la politique migratoire du pays.
Photo: Virginia Mayo / POOL / Agence France-Presse Angela Merkel a finalement réussi à préserver son gouvernement en concluant avec son ministre de l’Intérieur un compromis restreignant fortement la politique migratoire du pays.

Après des semaines de conflit, Angela Merkel a finalement réussi à préserver son gouvernement en concluant lundi soir à l’arraché avec son ministre de l’Intérieur rebelle un compromis restreignant fortement la politique migratoire du pays.

Le compromis trouvé prévoit l’instauration de « centres de transit » à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche. C’est là que seront installés à l’avenir les demandeurs d’asile arrivant dans le pays, mais déjà enregistrés dans un autre État européen — soit la quasi-totalité d’entre eux — en attendant leur expulsion vers le pays d’entrée.

Cette question était au coeur du conflit qui opposait la chancelière, présidente du parti de centre droit CDU, à son ministre Horst Seehofer, dirigeant du parti conservateur bavarois CSU. Un différend qui menaçait de faire éclater la fragile coalition gouvernementale allemande, difficilement mise en place en mars.

Jusqu’ici, les migrants demandant l’asile à leur arrivée en Allemagne étaient répartis dans des foyers dans l’ensemble du pays jusqu’à ce que leur dossier soit examiné.

Cet accord clôt définitivement la politique d’accueil longtemps généreuse des migrants en Allemagne, inaugurée par la décision d’Angela Merkel d’ouvrir en 2015 les portes de son pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile.

La chancelière s’est réjouie d’avoir conclu, « après des journées difficiles et des tractations rudes », un « bon compromis ».

« Nous avons un accord clair sur la façon d’empêcher à l’avenir l’immigration illégale », s’est félicité de son côté M. Seehofer. Il a renoncé à démissionner, après en avoir exprimé l’intention la veille.

Le dernier mot

Les sociaux-démocrates du SPD, troisième partenaire de la coalition d’Angela Merkel, semblent encore hésiter sur les solutions proposées.

Leur présidente, Andrea Nahles, a salué la fin des hostilités dans le camp conservateur allemand, « qui permet de nous remettre au travail ». Mais elle a estimé que son parti devait examiner en détail mardi l’accord avant de rendre son verdict.

Si le SPD devait le rejeter, tous les efforts d’Angela Merkel pour sauver son gouvernement seraient remis en cause. Une réunion au sommet des trois partis de la coalition — CDU, CSU et SPD — est prévue mardi en début de soirée.

Le compromis trouvé prévoit que les migrants installés dans les « centres de transit » à la frontière seront obligés d’y rester.

Leurs renvois vers les pays où ils ont été enregistrés en premier à leur arrivée dans l’UE devront être organisés toutefois dans le cadre d’accords administratifs conclus avec les pays concernés, et non de manière unilatérale par l’Allemagne.

Si des accords ne peuvent être trouvés, il est prévu de refouler les migrants « à la frontière germano-autrichienne dans le cadre d’un accord avec l’Autriche », précise le texte rendu public.