Attentat contre des opposants iraniens déjoué en France

Plusieurs dignitaires ont participé à l’événement qui a eu lieu samedi, notamment l’ancien premier ministre canadien Stephen Harper et l’ex-ministre John Baird.
Photo: Zakaria Abdelkafi Agence France-Presse Plusieurs dignitaires ont participé à l’événement qui a eu lieu samedi, notamment l’ancien premier ministre canadien Stephen Harper et l’ex-ministre John Baird.

Un attentat contre un rassemblement d’un groupe d’opposition iranien à Paris, auquel participaient des personnalités politiques canadiennes et américaines, a été déjoué samedi avec l’arrestation à Bruxelles d’un couple en possession d’explosifs, Téhéran dénonçant une volonté de lui nuire.

Le couple de Belges d’origine iranienne a été interpellé dans une commune de Bruxelles à bord de leur voiture, ont annoncé lundi les autorités belges. Dans la Mercedes ont été retrouvés 500 grammes de TATP — explosif artisanal très instable — et un « mécanisme de mise à feu dissimulé dans une trousse de toilette », selon un communiqué du parquet.

Amir S., 38 ans, et son épouse, Nasimeh N., 33 ans, ont été inculpés lundi de « tentative d’attentat terroriste et de préparation d’une infraction terroriste ».

Le couple est soupçonné d’avoir voulu commettre un attentat à la bombe samedi à Villepinte, près de Paris, lors d’un rassemblement organisé par les Moudjahidines du peuple iranien (MEK), un parti d’opposition iranien fondé en 1965 et interdit par les autorités iraniennes depuis 1981, ont précisé les autorités.

Environ 25 000 personnes ont assisté à cette réunion. Deux personnalités proches du président américain, Donald Trump, l’ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich et l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, y ont pris part. L’ex-premier ministre du Canada Stephen Harper et son ancien ministre des Affaires étrangères John Baird étaient aussi sur place.

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), entité proche des Moudjahidines du peuple, a accusé le régime de Téhéran d’avoir fomenté le projet d’attentat et demandé la « fermeture » des représentations diplomatiques iraniennes en Europe, accusées d’être des « centres d’espionnage » et des « foyers pour des préparatifs terroristes ».

Ulcéré, Téhéran a dit y voir une machination, au moment où le président iranien, Hassan Rohani, vient en Europe pour discuter de coopération entre Européens et Iraniens après le retrait américain de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015.

« Comme c’est pratique. Juste au moment où nous entamons une visite présidentielle en Europe, une opération iranienne présumée et ses « conspirateurs » sont mis en échec », a ironisé le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, sur Twitter.

L’enquête a conduit au placement en garde à vue de trois personnes en France — deux d’entre elles ont été remises en liberté lundi, selon une source judiciaire française — et à l’interpellation en Allemagne d’un diplomate iranien basé en Autriche, contact du couple, a annoncé le parquet belge.

Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans cinq localités en Belgique. Aucune information n’a été communiquée sur leurs résultats.

L’annonce du projet d’attentat déjoué est tombée le jour de l’arrivée en Suisse du président iranien, Hassan Rohani pour un déplacement « capital ».