Le ministre de l’Intérieur allemand veut démissionner

Horst Seehofer entend aussi quitter la présidence de la CSU.
Photo: Paul Zinken / dpa / Agence France-Presse Horst Seehofer entend aussi quitter la présidence de la CSU.

Le ministre allemand de l’Intérieur Horst Seehofer a annoncé dimanche soir son intention de démissionner en raison d’un conflit sur les migrants avec Angela Merkel, faisant planer un doute sur l’avenir du gouvernement de coalition de la chancelière.
 

M. Seehofer, 68 ans, a fait part de son intention lors d’une réunion à huis clos de son parti conservateur bavarois CSU à Munich (sud), qui se poursuivait tard dimanche soir, ont indiqué à l’AFP des sources proches de cette formation.
 

Il entend aussi quitter la présidence de ce parti, membre de la fragile coalition gouvernementale allemande, mise difficilement sur pied en mars avec le parti de centre droit (CDU) de la chancelière et les sociaux-démocrates (SPD).
 

« Il veut démissionner de son poste de ministre et de président de parti » car il estime ne « pas avoir le soutien » nécessaire, a indiqué l’une des ces sources.
 

Toutefois, certains de ses proches au sein de la CSU tentaient encore de le convaincre de revenir sur sa décision de quitter son poste avant qu’il ne s’adresse à la presse tard dans la soirée, ont précisé ces sources.
 

En cas de démission effective, les conséquences pour l’avenir du gouvernement allemand restaient à ce stade incertaines.
 

La question serait alors de savoir si le parti du ministre quitte lui aussi ou non la coalition, ce qui priverait la chancelière de majorité à la chambre des députés et plongerait le pays dans une crise politique majeure.
 

Le parti bavarois, qui va prochainement affronter la formation d’extrême droite AfD lors d’un scrutin régional, pourrait se contenter de remplacer M. Seehofer, dont les relations avec Angela Merkel sont devenues exécrables, par une personnalité plus à même de négocier un compromis migratoire avec la chancelière.
 

Le conflit porte sur le traitement des migrants arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans d’autres pays de l’UE.
 

Le ministre voulait les refouler à la frontière, ce que refuse Angela Merkel pour ne pas créer « d’effet domino » en Europe.
 

Elle a obtenu dimanche soir à Berlin le soutien quasi-unanime des instances dirigeantes de son parti CDU.
 

Elles ont dans une motion refusé toute décision « unilatérale » nationale pour refouler les migrants et soutenu les efforts de la chancelière de négocier des solutions européennes sur la politique d’asile.