La loi sur le Brexit promulguée en Grande-Bretagne

Adopté la semaine dernière par le Parlement britannique, le texte, présenté en juillet 2017 par le gouvernement conservateur de Theresa May, a été signé par la reine Elizabeth II.
Photo: Oli Scarff Agence France-Presse Adopté la semaine dernière par le Parlement britannique, le texte, présenté en juillet 2017 par le gouvernement conservateur de Theresa May, a été signé par la reine Elizabeth II.

La loi sur le retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne a été promulguée mardi après plusieurs mois d’âpres débats au Parlement britannique, la première ministre Theresa May saluant une étape « importante » dans la mise en oeuvre du Brexit, prévu dans neuf mois.

Adopté la semaine dernière par le Parlement britannique, le texte, présenté en juillet 2017 par le gouvernement conservateur de Theresa May, a été signé par la reine Elizabeth II, a annoncé le président de la Chambre des communes, John Bercow, déclenchant les acclamations des députés conservateurs.

Rouage essentiel de la mise en oeuvre du Brexit, cette loi doit permettre au Royaume-Uni de continuer à fonctionner normalement lorsqu’il aura coupé le cordon avec le bloc européen. Concrètement, elle mettra fin à la suprématie du droit européen sur le droit national et intégrera dans le droit britannique les lois communautaires que Londres souhaite conserver.

Elle confirme également au 29 mars 2019, à 23 h 00, la date officielle de la sortie de l’Union européenne.

La promulgation de la loi constitue un « moment historique pour notre pays et un pas important vers la réalisation de la volonté du peuple britannique » de quitter l’UE, a réagi Theresa May.

Le texte a connu un tortueux parcours au Parlement depuis le début de son examen en septembre, et le gouvernement a essuyé plusieurs camouflets, illustrant les divisions persistantes sur les orientations à donner au Brexit.

C’est en lâchant à la dernière minute, la semaine dernière, une concession sur le rôle du Parlement dans le processus du Brexit que Theresa May a réussi à faire rentrer dans les rangs les députés conservateurs europhiles réclamant que le dernier mot sur l’accord final avec Bruxelles — s’il y en a un — revienne au Parlement.

Les « Brexiters » purs et durs ont célébré son adoption comme une garantie que le Royaume-Uni quittera bien l’UE, malgré l’incertitude qui pèse sur les négociations avec Bruxelles.

Les chances d’un éventuel retour sur la décision des Britanniques de quitter l’UE sont « maintenant nulles », a estimé l’eurosceptique ministre du Commerce international Liam Fox, selon qui l’adoption de la loi a lancé « irrévocablement » la mise en oeuvre du Brexit.

Pour l’influent député conservateur Jacob Rees-Mogg, partisan d’un Brexit sans concession, la fin de ce processus législatif houleux signifie que Theresa May pourra poursuivre les négociations avec Bruxelles dans une position « beaucoup plus forte ».


Les géants de l’industrie perdent patience

Londres — Plusieurs fleurons industriels européens commencent à perdre patience face au manque de progrès des négociations sur le Brexit et menacent désormais de quitter le Royaume-Uni, mettant en péril des dizaines de milliers d’emplois. À neuf mois du divorce entre Londres et Bruxelles, les signaux d’alarme se multiplient de la part d’entreprises qui ont investi des milliards de livres dans l’économie britannique, à l’image de BMW, Airbus ou encore Siemens. « Les entreprises commencent à se faire entendre, car nous sommes à un moment crucial où des décisions doivent être prises » concernant les investissements, souligne Keith Pilbeam, professeur d’économie internationale à la City University de Londres. « L’échéance approche et nombreux sont ceux qui pensent que le manque de préparation du gouvernement est ahurissant », ajoute-t-il.