La droite française replonge dans la crise

Le patron des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, et l'ancienne n° 2 du parti, Virginie Calmels
Photo: Philippe Desmazes Archives Agence France-Presse Le patron des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, et l'ancienne n° 2 du parti, Virginie Calmels

Paris — Balayée lors de la dernière présidentielle, la droite française a replongé dans la crise après le limogeage de la n° 2 du parti par le patron des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, dont la ligne dure est contestée en interne.

Les cadres du parti fustigeaient lundi le manque de « solidarité » de Virginie Calmels, ancienne directrice générale d’Endemol Monde, démise sans ménagement par le biais d’un communiqué laconique ne comportant même pas son nom dimanche soir.

« On ne peut pas garder une n° 2 qui joue contre son camp », a insisté la porte-parole des Républicains, Lydia Guirous, sur la chaîne BFM-TV.

Reste que l’affaire tombe mal pour Laurent Wauquiez, triomphalement élu à la tête du parti, mais dont la cote de popularité ne cesse de s’effriter depuis.

L’ancien ministre peine surtout à rassembler ses troupes toujours traumatisées après le fiasco de la présidentielle de mai 2017, où la droite avait été éliminée dès le premier tour.

Sous couvert d’anonymat, plusieurs membres du parti, y compris au sein de la direction qu’il a lui-même installée, critiquent une prise de décision jugée solitaire de M. Wauquiez et sa présence trop parcimonieuse dans les médias.

Le patron de la droite, dont l’électorat a été en partie siphonné par le président Emmanuel Macron, est aussi accusé de reprendre les thèmes de l’extrême droite, ce qui provoque de nombreux remous au sein du parti.

Virginie Calmels a ainsi publiquement fustigé un tract intitulé « Pour que la France reste la France », distribué le week-end dernier. Elle avait jugé ce tract « anxiogène » et évoqué un « dysfonctionnement » dans la prise de décision au sommet du parti, pris en étau entre la majorité macronienne et l’extrême droite de Marine Le Pen.

Elle avait enfoncé le clou dans un entretien au Parisien dimanche. Depuis son élection, avait-elle jugé, M. Wauquiez « démontre qu’il semble uniquement là pour défendre sa propre ligne ».

M. Wauquiez avait déjà fait bondir une partie de son camp en février avec la diffusion d’un cours donné à des étudiants, enregistré à son insu, dans lequel on l’entendait adresser de sévères critiques à de nombreux acteurs de la vie politique. À commencer par l’ex-président Nicolas Sarkozy, qui garde de nombreux soutiens à droite.

Valérie Pécresse, une autre rivale de M. Wauquiez à l’intérieur du parti, a dénoncé lundi « un rétrécissement de notre famille politique » qui est, selon elle, « un danger, une menace pour la droite française ».

Soutien de Laurent Wauquiez et n° 3 du parti, Guillaume Peltier a, lui, qualifié le limogeage de Mme Calmels d’« épisode dérisoire » qui « n’empêchera pas la droite de se refonder ».