Le Congolais Bemba acquitté en appel par la Cour pénale internationale

Jean-Pierre Bemba en 2016
Photo: Michael Kooren Pool via Associated Press Jean-Pierre Bemba en 2016

La Cour pénale internationale (CPI) a acquitté en appel vendredi, à la surprise générale, l’ancien vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, condamné à 18 ans de prison en première instance pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis en Centrafrique.

La décision historique de la chambre d’appel d’annuler la peine d’emprisonnement la plus lourde jamais imposée par la CPI, juridiction fondée en 2002 pour juger les pires crimes commis à travers le monde, a suscité une vive émotion dans la tribune publique de la salle d’audience.

La chambre d’appel « annule la déclaration de culpabilité de Jean-Pierre Bemba » et « prononce l’acquittement de l’accusé car les sérieuses erreurs commises par la chambre de première instance font entièrement disparaître sa responsabilité pénale », a déclaré d’une voix ferme la juge Christine Van Den Wyngaert.

M. Bemba, 55 ans, demeure toutefois en détention eu égard à une autre affaire dans laquelle il a été déclaré coupable de subornation de témoins.

Les juges ont estimé que l’ancien chef de guerre, qui n’était pas lui-même présent en Centrafrique lors des faits, n’aurait pas pu contrôler les agissements de sa milice, le Mouvement de libération du Congo (MLC), à distance.

Bemba, ancien riche homme d’affaires devenu chef de guerre puis vice-président, avait été condamné en première instance en 2016 à 18 ans de prison pour les crimes de guerre commis en Centrafrique par sa milice, entre octobre 2002 et mars 2003. En cinq mois, les hommes du MLC ont tué, pillé et violé dans la République centrafricaine voisine, où ils s’étaient rendus pour soutenir le président Ange-Félix Patassé face à une tentative de coup d’État menée par le général François Bozizé — qui finira par s’emparer du pouvoir en 2003.

« Par ce jugement, la CPI semble dire aux chefs de guerre : tant que vous n’êtes pas sur les lieux, laissez donc vos troupes commettre les pires crimes et les pires abominations », s’est exclamée Karine Bonneau de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

« Vingt ans après sa création, la CPI vient-elle de s’autosaborder ? » s’est-elle interrogée auprès de l’AFP.