Nucléaire iranien: Nétanyahou et Macron campent sur leurs positions

«J’invite tout le monde à stabiliser la situation et à ne pas céder à cette escalade parce qu’elle ne mènerait qu’à une chose, le conflit», a lancé Emmanuel Macron à l’issue d’un entretien avec M. Nétanyahou à l’Élysée.
Photo: Philippe Wojazer Pool / Associated Press «J’invite tout le monde à stabiliser la situation et à ne pas céder à cette escalade parce qu’elle ne mènerait qu’à une chose, le conflit», a lancé Emmanuel Macron à l’issue d’un entretien avec M. Nétanyahou à l’Élysée.

Le président de la France, Emmanuel Macron, a mis en garde mardi contre toute « escalade » vers une guerre au Moyen-Orient alors que le premier ministre d’Israël, Benjamin Nétanyahou, l’exhortait à mettre une « pression maximale » sur l’Iran pour l’empêcher d’accéder à l’arme nucléaire.

« J’invite tout le monde à stabiliser la situation et à ne pas céder à cette escalade parce qu’elle ne mènerait qu’à une chose, le conflit », a lancé Emmanuel Macron à l’issue d’un entretien avec M. Nétanyahou à l’Élysée.

La décision de l’Iran d’augmenter ses capacités d’enrichissement d’uranium a provoqué une nouvelle envolée des tensions mardi, Israël estimant que le programme nucléaire et les capacités balistiques iraniennes constituent une menace pour son existence même.

L’annonce iranienne ne signifie pas que Téhéran soit sorti du cadre de l’accord de 2015 encadrant ses activités nucléaires, a estimé le président français devant un premier ministre israélien visiblement dubitatif, en tournée européenne pour tenter de rallier les Européens à sa ligne dure contre Téhéran.

« Le but est d’éradiquer Israël », a répliqué M. Nétanyahou, avertissant à son tour que « les desseins agressifs de l’Iran au final déstabiliseront le Moyen-Orient, mais aussi l’Europe et le monde » en provoquant de nouveaux flux de réfugiés.

Cherchant à rallier les Européens à sa cause (il était en Allemagne lundi et visitera la Grande-Bretagne après la France), le dirigeant israélien a appelé à « mettre le maximum de pression sur l’Iran pour s’assurer que son programme n’aille nulle part ».

Emmanuel Macron a réitéré l’attachement des Européens à la préservation de l’accord sur le nucléaire iranien, même si les États-Unis en sont sortis avec fracas le 8 mai et si Israël le juge inefficace pour empêcher l’Iran d’accéder à la bombe atomique.

« Un tiens vaut mieux que deux tu auras. Le JCPOA [l’accord] n’est pas suffisant, je suis tout à fait d’accord, mais il est mieux que ce qu’on avait avant, et d’ailleurs, les services israéliens l’ont bien montré », a ironisé le président français dans une allusion à la montagne de documents sur le programme iranien dévoilée dernièrement par M. Nétanyahou.

Le chef du gouvernement israélien a répondu qu’au final, que les Européens sauvent ou non l’accord, les sanctions pesant sur l’économie iranienne du fait des États-Unis forceraient l’Iran à le renégocier.

« Je n’ai pas demandé au président Macron de quitter l’accord. Je pense que les réalités économiques vont régler cette question », a-t-il lancé, en référence notamment au fait que les entreprises européennes n’oseront sans doute pas défier les sanctions américaines, privant l’Iran de ressources.

À l’arrière-plan

Face à l’urgence iranienne, le conflit israélo-palestinien s’est retrouvé relégué à l’arrière-plan. Le président Macron a qualifié d’erreur « l’acte américain consistant à faire de Jérusalem la capitale », mais a averti que la France ne ripostait pas à cette décision par une reconnaissance unilatérale de la Palestine.

« L’expérience des dernières semaines a montré une chose : l’unilatéralisme irrespectueux des autres crée la violence », a-t-il dit, en référence aux affrontements sanglants qui ont suivi la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Quand on fête un tel événement et qu’il y a des gens qui meurent, je ne considère pas que c’est une fête », a-t-il ajouté en référence à la mort de 61 Palestiniens le jour même où les États-Unis célébraient le transfert de leur ambassade à Jérusalem, le 14 mai.