France: le gouvernement dit se battre pour «l’homme pauvre»

Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, a donné une longue entrevue au quotidien «Le Parisien».
Photo: Eric Feferberg Agence France-Presse Le porte-parole du gouvernement français, Benjamin Griveaux, a donné une longue entrevue au quotidien «Le Parisien».

Paris — Le gouvernement français se bat pour « les droits de l’homme pauvre » qui, « sans doute, n’a pas voté aux dernières élections », a déclaré dimanche le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dans le quotidien Le Parisien.

« Dans le pays des droits de l’homme, nous remettons au coeur de notre combat les droits de l’homme pauvre. Cet homme pauvre, sans doute, n’a pas voté aux dernières élections. Mais c’est pour lui que nous nous battons », écrit-il dans une tribune.

Benjamin Griveaux a dénoncé une « faillite de notre modèle social », qui, selon lui, « aide à survivre plutôt que permettre de vivre », et des politiques « limitées à l’achat de la paix sociale à coup de subventions, d’allocations, de compromissions ».

Il a cité les « 10 000 élèves [qui] sortent de notre système scolaire sans aucun diplôme chaque année », « un chômage endémique » et « 9 millions de personnes pauvres, dont 3 millions d’enfants, 4 millions de mal-logés et une espérance de vie inférieure de 10 ans pour les plus modestes ».

Depuis 20 ans, les gouvernements ont « organisé méthodiquement l’aumône républicaine d’un État-providence sans boussole », considère ce membre de la petite équipe à l’origine d’En Marche !, qui allait mener à la présidence Emmanuel Macron en 2017.

La lutte contre la pauvreté a été négligée, selon lui, par la classe politique précédente car c’est « un très mauvais investissement électoral ». « Sortir les plus fragiles de la précarité prend du temps, des années, parfois une génération », et « les quartiers les plus pauvres enregistrent les plus forts taux d’abstention », développe-t-il.

« À ceux qui, chaque jour, interpellent le gouvernement sur sa jambe sociale et qui voudraient que nous traitions par une dépense publique pavlovienne les symptômes d’un profond malaise social, je veux dire que nous attaquons les inégalités à la racine. Que nous ne jouons pas la prochaine élection, mais la prochaine génération », lance-t-il.

Formulation maladroite ?

Certains élus de l’opposition de gauche ont vivement condamné la formule sur « les droits de l’homme pauvre ».

L’une des porte-parole des députés communistes, Elsa Faucillon, a ainsi tweeté : « J’hésite entre : “les bras m’en tombent”, “Fichtre”, “je suis au BDR” [au bout du rouleau] ou “supprime” ! »

« Les cadeaux aux riches [...], la casse du Code du travail, la sélection à l’université… tout ça, c’est pour “l’homme pauvre” », a ironisé le député Insoumis (gauche radicale) Adrien Quatennens.