Un an après l’attentat de Manchester, le Royaume-Uni rend hommage aux victimes

Le Royaume-Uni rend hommage mardi aux victimes de l’attentat suicide de Manchester, qui a tué 22 personnes, il y a un an.
Photo: Paul Ellis Agence France-Presse Le Royaume-Uni rend hommage mardi aux victimes de l’attentat suicide de Manchester, qui a tué 22 personnes, il y a un an.

Une cérémonie, une minute de silence et une veillée musicale : le Royaume-Uni rend hommage mardi aux victimes de l’attentat suicide de Manchester, « un acte d’une lâcheté écœurante » qui a tué 22 personnes, dont des enfants, à l’issue d’un concert il y a un an.

La première ministre Theresa May et le prince William assistent à partir de 14 h (9 h à Montréal) à une cérémonie non confessionnelle aux côtés des proches des victimes, des dizaines de blessés et des secouristes à la cathédrale de Manchester.

Elle a été marquée par une minute de silence nationale à 14 h 30 (9 h 30 à Montréal), notamment dans les bâtiments officiels.

« Cibler de jeunes innocents qui profitaient d’une sortie insouciante dans la Manchester Arena le 22 mai 2017 était un acte d’une lâcheté écœurante », a dénoncé la chef conservatrice de l’exécutif dans le Manchester Evening News.

L’attaque « voulait frapper au cœur même de nos valeurs et de notre mode de vie dans une de nos villes les plus dynamiques, avec l’objectif de briser notre détermination et de nous diviser. Cela a échoué », a-t-elle ajouté.

Vingt-deux personnes sont mortes et une centaine de spectateurs ont été blessés quand Salman Abedi, un Britannique d’origine libyenne de 22 ans, a perpétré un attentat suicide à l’explosif à la fin d’un concert de la chanteuse pop américaine Ariana Grande, dans le foyer de la Manchester Arena. La plus jeune victime, Saffie Roussos, avait huit ans.

Photo: Oli Scarff Agence France-Presse La cérémonie a été marquée par une minute de silence nationale.

« Comme un cauchemar »

« Nous avons vu un gros nuage de fumée et un éclair. Cela nous a fait chanceler. Nous pensions que l’immeuble allait s’effondrer », a témoigné Daren Buckley, 50 ans, présent sur place avec son fils, tous deux indemnes.

« Je ne peux décrire les scènes dans le foyer. C’était comme un cauchemar », a-t-il poursuivi sur la BBC. « Certaines personnes bougeaient, d’autres pas ». Depuis, il s’est vu mourir « 200 fois » dans ses cauchemars.

À l’issue de la célébration mardi, qui était suivie sur grand écran à l’extérieur de l’édifice ainsi qu’à York, Liverpool et Glasgow (Écosse), le prince William s’est entretenu en privé avec des familles endeuillées.

« C’est un acte infâme qui a touché de nombreux jeunes ici », a dit le maire travailliste de Manchester, Andy Burnham, interrogé par la BBC.

« Nous sommes plus forts qu’avant, plus unis et il y a un sentiment de communauté plus palpable, mais derrière cela, les cicatrices sont réelles et très profondes », a-t-il précisé. « Nous sommes une ville en convalescence, mais nous avons encore un long chemin à parcourir ».

Hymne de résistance

Dans la soirée, plus de 3000 chanteurs de chorales locales, dont l’une rassemblant des survivants de l’attentat, se joindront au public sur l’Albert Square, non loin de la salle de concert.

Résonneront notamment les chansons One Last Time (Ariana Grande), One Day Like This (Elbow), Never Forget (Take That) et Don't Look Back in Anger (Oasis), un titre du groupe légendaire de Manchester qui avait été entonné par les Mancuniens comme un hymne de résistance après l’attentat il y a un an.

Ariana Grande, âgée de 24 ans, a dit penser aux victimes « aujourd’hui et tous les jours », mardi dans un message publié sur Twitter. « Je vous aime de tout mon être et je vous envoie toute la lumière et la chaleur que j’ai à vous offrir en ce jour difficile », a-t-elle ajouté.

   

À 22 h 31 (17 h 31 à Montréal) exactement, l’heure où Salman Abedi avait déclenché sa bombe, les cloches sonneront dans Manchester.

En décembre 2017, un rapport indépendant remis aux autorités britanniques avait estimé que l’attentat de Manchester aurait peut-être pu être évité si une enquête plus approfondie avait été menée contre son auteur, connu des services de renseignement.