Après Telegram, la Russie veut s’attaquer à Facebook

Après avoir bloqué la messagerie Telegram, Roskomnadzor a annoncé mercredi son intention «d’inspecter» Facebook d’ici la fin de l’année.
Photo: Mladen Antonov Archives Agence France-Presse Après avoir bloqué la messagerie Telegram, Roskomnadzor a annoncé mercredi son intention «d’inspecter» Facebook d’ici la fin de l’année.

Moscou — Après avoir bloqué des millions d’adresses IP utilisées pour contourner le blocage de la messagerie Telegram, l’agence russe de régulation des télécoms Roskomnadzor a annoncé mercredi son intention « d’inspecter » Facebook d’ici la fin de l’année.

« Nous allons inspecter cette entreprise [Facebook] avant la fin de 2018 », a déclaré Alexandre Jarov, à la tête de Roskomnadzor, dans une entrevue publiée par le quotidien Izvestia.

« Un certain nombre de critères doivent être respectés, comme la localisation sur le territoire russe des bases de données des citoyens russes et l’élimination de toutes les informations interdites. [Les gens de Facebook] sont déjà en retard. Si tous ces critères ou certains d’entre eux ne sont pas remplis [...], la question du blocage va évidemment se poser », a-t-il ajouté.

Selon Izvestia, jusqu’à 19,4 millions d’adresses IP ont été bloquées en Russie par Roskomnadzor dans sa lutte contre la messagerie Telegram mardi après-midi, avant de redescendre à 16,4 millions en fin de journée.

Les adresses ciblées avaient été utilisées pour contourner le blocage de Telegram, démarré lundi suite à une décision de justice en raison du refus de la messagerie cryptée de fournir aux services spéciaux (FSB) les clés permettant de lire les messages des utilisateurs.

L’ONG de défense des droits de la personne Agora, dont les avocats défendent la messagerie, a annoncé mercredi matin considérer des actions en justice.

« Nous allons rassembler tous les témoignages et les faits d’ici début mai et demander au procureur général de vérifier la légalité des actions de Roskomnadzor », a déclaré Pavel Tchikov, à la tête d’Agora, sur sa chaîne Telegram.

M. Tchikov a dit s’attendre à « plusieurs dizaines de procédures et un appel collectif à la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) ».

« Telegram est resté disponible pour la majorité des résidents russes », s’est de son côté réjoui Pavel Dourov, le cofondateur de Telegram, sur son compte Twitter.

Il avait auparavant appelé à la « résistance numérique », annonçant son intention d’offrir des bitcoins et des « millions de dollars » aux particuliers et aux entreprises s’employant à contourner le blocage.

Fondée en 2013 par les frères Pavel et Nikolaï Dourov, créateurs auparavant du réseau social VKontakte, Telegram compte aujourd’hui 200 millions d’utilisateurs dans le monde, dont 7 % en Russie.