La campagne pro-Brexit soupçonnée d’irrégularités

Le ministre anglais des Affaires étrangères, Boris Johnson, mardi dernier
Photo: Ben Stansall AFP Le ministre anglais des Affaires étrangères, Boris Johnson, mardi dernier

Londres — Un lanceur d’alertes a affirmé que Vote Leave, le principal groupe ayant mené la campagne pour le Brexit, avait versé des fonds à un groupe plus petit avec lequel il avait des liens afin d’éviter de dépasser le plafond légal des dépenses.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, fer de lance de la campagne pour le Brexit, a qualifié samedi de « ridicules » les accusations selon lesquelles son camp aurait enfreint les règles de financement lors de la campagne pour le référendum de 2016.

La loi électorale britannique interdit la coordination entre des campagnes censées être indépendantes.

Boris Johnson a condamné et qualifié de « totalement ridicules » ces affirmations, rapportées par le journal The Observer et la chaîne d’information télévisée Channel 4 News. «#VoteLeave a gagné de manière honnête — et légalement. Nous quittons l’Union européenne dans un an », a écrit le ministre sur Twitter.

Selon les informations des deux médias anglais, Vote Leave était proche de la limite légale de 7 millions de livres sterling (près de 13 millions de dollars canadiens) quand il a fait une donation de 625 000 livres sterling (1,1 million de dollars) à un petit groupe pro-Brexit appelé BeLeave dans les derniers jours de la campagne référendaire.

Shahmir Sanni, qui a travaillé pour le compte de la campagne BeLeave, a affirmé que Vote Leave était très impliqué dans le travail du groupe et qu’« ils ont utilisé BeLeave pour dépasser le plafond des dépenses, et pas juste pour un petit montant ». « Ils ont dit que ce n’était pas coordonné, mais ça l’était », a affirmé M. Sanni.

Vote Leave a nié ces accusations. Sur Twitter, la journaliste Carole Cadwalladr, auteure de l’enquête publiée par The Observer à qui l’on doit également les révélations sur le scandale Cambridge Analytica, a maintenu ses informations et publié un GIF montrant les interactions, via un document partagé sur Google Drive, entre les campagnes BeLeave et Vote Leave.

Un porte-parole de Vote Leave a dit que la Commission électorale avait statué par deux fois en faveur du groupe sur ce point. Un porte-parole de la Commission électorale a déclaré qu'« elle ne commente pas des enquêtes en cours ».


Pas d’accord, pas de Brexit

L’opposition travailliste britannique a fait part de son intention de déposer une proposition de loi visant à empêcher le Royaume-Uni de quitter l’Union européenne (UE) sans accord, au cas où le Parlement rejetterait l’accord final signé avec Bruxelles.

Les travaillistes espèrent obtenir le soutien de suffisamment de partis pour rejeter la politique du « à prendre ou à laisser ». Ils exigent que l’accord final du Brexit soit renégocié par Londres avec Bruxelles au cas où le Parlement britannique refuserait un premier accord entre l’UE et la Grande-Bretagne.

La première ministre Theresa May dirige un gouvernement conservateur minoritaire et doit sa courte majorité à l’appui des dix élus du parti unioniste nord-irlandais DUP.

Le Royaume-Uni doit quitter l’UE le 29 mars 2019.