Un réseau de trafic humain démantelé en Albanie

Parmi les 39 suspects arrêtés figurent quatre policiers.
Photo: Hektor Pustina Archives Associated Press Parmi les 39 suspects arrêtés figurent quatre policiers.

Tirana — Les autorités albanaises ont annoncé samedi l’arrestation de 39 personnes, dont des policiers, et le démantèlement d’un vaste réseau criminel accusé d’avoir illégalement fait passer aux États-Unis, au Canada et en Grande-Bretagne plus de mille Albanais.

« Il s’agit de sept groupes criminels qui avaient leurs filières en Albanie, en Bulgarie, en France, en Espagne, en République dominicaine, en Italie, en Grande-Bretagne, en Irlande, aux États-Unis et au Canada », a déclaré le directeur de la police albanaise, Ardi Veliu, en conférence de presse.

« Ces groupes criminels, composés de ressortissants albanais et d’étrangers, ont illégalement fait passer au moins mille ressortissants albanais vers la Grande Bretagne, les États-Unis et le Canada », a-t-il dit. Ces migrations ont eu lieu durant 2017.

Parmi les 39 suspects arrêtés figurent quatre policiers. Douze autres suspects sont recherchés, dont deux Bulgares.

Des candidats à l’émigration versaient à ce réseau 7000 livres (près de 13 000 dollars canadiens) pour se rendre en Grande-Bretagne, et entre 25 000 et 30 000 dollars américains (entre 32 700 et 39 300 dollars canadiens) pour arriver aux États-Unis et au Canada, a-t-on précisé.

Une grande quantité de faux passeports, de tampons et de divers documents falsifiés a été saisie. Des agences de voyage de Tirana et de Lezha (nord) ont été impliquées dans ce trafic.

« Des dizaines de migrants ne sont pas arrivés [à destination] car ils ont été abandonnés par les trafiquants dans des pays de l’Amérique latine », a déclaré Ardi Veliu.

La lutte contre toutes sortes de trafic et le crime organisé est cruciale pour l’Albanie qui a obtenu en 2014 le statut de candidat à l’adhésion l’Union européenne et dont les autorités espèrent ouvrir en 2018 les négociations d’adhésion.