Un haut responsable de l’ONU «consterné» par les violences policières d’octobre en Catalogne

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al Hussein
Photo: Fabrice Coffrini Archives Agence France-Presse Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad al Hussein

Genève — Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme s’est dit « consterné » par les violences policières ayant émaillé le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre en Catalogne et a pointé « un usage excessif de la force », dans un discours publié mercredi.

« En Espagne, j’ai été consterné par la violence qui a éclaté en Catalogne durant le référendum sur l’indépendance d’octobre », dit Zeid Ra’ad al Hussein, dans le discours préparé pour la présentation à Genève de son rapport annuel devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

Au vu de ce qui apparaît comme un usage excessif de la force par la police, la description par le gouvernement [espagnol] de l’action de la police le 1er octobre comme “légale, légitime et nécessaire” est contestable.

Le haut-commissaire n’a pas prononcé publiquement ces paragraphes « faute de temps », mais « tout ce que contient ce long discours est publiable en son nom », a indiqué un porte-parole de son bureau.

Zeid Ra’ad al Hussein a aussi rappelé « aux autorités espagnoles que la détention provisoire devrait être considérée comme une mesure de dernier recours ». « J’invite à résoudre cette situation à travers le dialogue politique », ajoute-t-il.

Quatre dirigeants indépendantistes catalans sont en détention provisoire depuis des mois, dont Jordi Sanchez, proposé par les séparatistes majoritaires au parlement comme candidat à la présidence de la région.

Le 2 octobre, Zeid Ra’ad Al Hussein avait déjà « exhorté les autorités espagnoles à garantir des enquêtes complètes, indépendantes et impartiales sur tous les actes de violence » commis le 1er octobre pendant la répression du référendum illégal.

L’ancien président catalan Carles Puigdemont — poursuivi en Espagne pour « rébellion » et exilé en Belgique — a annoncé la semaine dernière avoir saisi le Comité des droits de l’homme de l’ONU, avec l’intention de faire reconnaître « la violation de ses droits » par Madrid. L’organisme genevois doit vérifier la validité de sa requête.