Après des mois d’incertitude, l’Allemagne obtient finalement sa coalition

Le chef intérimaire des sociaux-démocrates, Olaf Scholz, en point de presse dimanche
Photo: Michael Kappeler Agence France-Presse Le chef intérimaire des sociaux-démocrates, Olaf Scholz, en point de presse dimanche

Angela Merkel a promis dimanche d’oeuvrer « pour le bien du pays » après le feu vert des membres du parti social-démocrate allemand à une nouvelle coalition gouvernementale, plus de cinq mois après des législatives dont elle est ressortie fragilisée.

Je me réjouis de la poursuite de notre collaboration pour le bien de notre pays

Ce quatrième mandat, et probablement le dernier selon les observateurs, s’annonce toutefois nettement plus délicat que les précédents.

La coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs détient seulement une courte majorité au Parlement — le Bundestag — (un peu plus de 53 %), après les élections générales du 24 septembre marquées par une percée historique de l’extrême droite (AfD) et une érosion des partis traditionnels.

C’est dans ce contexte et après des semaines de négociations que les militants du SPD ont approuvé la reconduction de la grande coalition sortante par 66,02 % des suffrages, lors d’un référendum interne. Quelque 78,4 % des 463 000 membres du SPD y ont participé, selon les résultats officiels de la consultation.

« Les choses sont désormais claires : le SPD va participer au prochain gouvernement », a déclaré son chef par intérim, Olaf Scholz. Mais illustrant les hésitations dans ses rangs, il a qualifié le résultat « d’acte de raison ».

La direction du SPD avait négocié en février un accord avec la chancelière, et l’aval des membres du plus vieux parti d’Allemagne était indispensable à la formation d’un nouveau gouvernement de grande coalition.

Mme Merkel, qui dirige l’Allemagne depuis 12 ans, devrait être officiellement élue chancelière par les députés mi-mars, le 14 probablement. Mais, signe de leur défiance réciproque, le contrat de coalition prévoit une clause de sortie au bout de deux ans.

La chancelière de 63 ans n’a en outre jamais été aussi critiquée dans son parti, qu’elle dirige depuis environ deux décennies. Plusieurs cadres du parti chrétien-démocrate ont ouvertement mis en cause sa ligne centriste et sa politique migratoire longtemps généreuse, qui a vu l’arrivée depuis 2015 de plus d’un million de demandeurs d’asile.

Malgré tout, l’avènement d’un exécutif stable en Allemagne est propre à soulager dans le pays et aussi en Europe, secouée par la crise du Brexit et la montée des nationalismes. « Une bonne nouvelle pour l’Europe », a notamment réagi le chef de l’État français, Emmanuel Macron.

Dans leur contrat de gouvernement, conservateurs et sociaux-démocrates allemands ont justement placé la réforme de l’Union européenne au coeur de leurs priorités.