Marine Le Pen accusée d’avoir rediffusé de la propagande du groupe EI

La présidente du parti français d’extrême droite Front national, Marine Le Pen
Photo: Stéphane de Sakutin Archives Agence France-Presse La présidente du parti français d’extrême droite Front national, Marine Le Pen

Nanterre — La présidente du parti français d’extrême droite Front national, Marine Le Pen, a été mise en examen jeudi pour la diffusion, en décembre 2015, de photos d’exactions du groupe État islamique sur Twitter, a-t-on appris de source judiciaire.

Mme Le Pen, qui était eurodéputée à l’époque des faits, a été inculpée par un juge de Nanterre, près de Paris, pour « diffusion d’images violentes », un délit passible de 3 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Le Parlement européen avait levé son immunité parlementaire en mars 2017 à la demande de la justice française.

En janvier, le député apparenté Front national du Gard, Gilbert Collard, avait été inculpé pour le même motif.

« Je suis mise en examen pour avoir dénoncé l’horreur de Daech [acronyme arabe du groupe EI]. Dans d’autres pays, ça me vaudrait une médaille », a-t-elle réagi auprès de l’AFP. « La persécution politique n’a même plus la limite de la décence. »

Le 16 décembre 2015, la chef de file de l’extrême droite française avait tweeté des photos issues de la propagande de l’organisation djihadiste EI, en réponse à un journaliste de la chaîne BFMTV-RMC qu’elle accusait d’avoir « fait un parallèle » entre le groupe EI et le FN.

Évoquant un « dérapage inacceptable » et des « propos immondes », Mme Le Pen avait posté sur son compte trois photos mentionnant le journaliste, Jean-Jacques Bourdin, avec le texte « Daech, c’est ça ! ».

Les photos montraient un soldat syrien écrasé vivant sous les chenilles d’un char, un pilote jordanien brûlé vif dans une cage et une photo du journaliste américain James Foley, le corps décapité et la tête posée sur le dos.

Gilbert Collard avait quant à lui diffusé la photo d’un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire : « Bourdin compare le FN à Daech : le poids des mots et le choc des bobos ! »

Quelques semaines après les sanglants attentats djihadistes de Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015 (130 morts et des centaines de blessés), ces publications avaient immédiatement soulevé un tollé au sein de la gauche, alors au gouvernement, et de la droite, mais aussi au-delà du monde politique.

Le parquet de Nanterre avait lancé le jour même une enquête pour « diffusion d’images violentes » suite à un signalement des clichés par le ministre français de l’Intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve, à la direction de la police judiciaire. Deux informations judiciaires distinctes avaient ensuite été ouvertes, l’une visant Mme Le Pen et l’autre M. Collard.