Combien y a-t-il de sans-abri à Paris?

De 22h à 1h du matin, des intervenants ont quadrillé la ville «rue par rue».
Photo: Gerard Julien Agence France-Presse De 22h à 1h du matin, des intervenants ont quadrillé la ville «rue par rue».

Paris — Quelque 2000 personnes, dont 1700 bénévoles, participaient jeudi soir à Paris à la première « Nuit de la solidarité », organisée par la mairie, pour compter les sans-abri.

Ce genre d’opération existe déjà à New York, à Bruxelles ou à Athènes.

Dans la capitale française, « ça va être une grande première », s’est félicité la mairesse Anne Hidalgo en début de soirée, tandis que les participants suivaient une formation de deux heures avant de partir arpenter les rues.

« Respectez strictement l’anonymat, même si la personne vous donne son prénom », « on ne réveille pas de personnes endormies », « on ne rentre jamais dans des tentes fermées, ce sont des lieux privés »… Dans le 1er arrondissement, comme un peu partout dans Paris, un formateur énumérait règles éthiques et conseils pratiques devant les équipes de bénévoles.

« On a travaillé pendant un an à la méthode que nous allons appliquer ce soir », a expliqué Mme Hidalgo, soulignant que Dominique Versini, l’adjointe chargée de la Solidarité, était allée à New York participer aux initiatives dont cette opération s’inspire.

De 22 h à 1 h du matin, fonctionnaires de la Ville, associations et Parisiens bénévoles se déplaceront dans Paris afin d’« améliorer la connaissance des profils » des sans-abri, via un questionnaire non obligatoire et anonyme.

Il sera notamment demandé à la personne depuis quand elle est sans-abri, si elle a des problèmes de santé, si elle a tenté d’appeler des numéros d’urgence, mais pas si elle est étrangère ou non.

Les intervenants quadrilleront la ville « rue par rue ».

Ils ne seront toutefois pas envoyés dans les 40 « zones à risque » (proches du boulevard périphérique, présence de toxicomanes, etc.) déterminées au préalable et couvertes uniquement par des professionnels.

Ce comptage intervient après que les autorités eurent été accusées par certains acteurs des actions solidaires de minimiser le nombre de sans-abri à Paris.

L’opération sera répétée l’an prochain.