L’eau continue de monter, lentement, à Paris

Jeudi matin, le niveau de la Seine atteignait 5,44 m au pont d’Austerlitz à Paris et les conséquences se faisaient déjà sentir.
Photo: Thomas Samson Agence France-Presse Jeudi matin, le niveau de la Seine atteignait 5,44 m au pont d’Austerlitz à Paris et les conséquences se faisaient déjà sentir.

Rues et routes inondées, navigation interdite, péniches et musées sous surveillance, riverains les pieds dans l’eau... Le niveau de la Seine continuait à monter jeudi en région parisienne, une crue au ralenti qui devrait perturber la capitale encore plusieurs jours.

À Villeneuve-Saint-Georges, dans la grande banlieue sud-est de Paris, la rivière de l’Yerres débordait toujours jeudi dans un quartier particulièrement touché. Des habitants se déplaçaient en barque dans des rues où les voitures étaient en partie immergées.

« Après les inondations de 2016, on a mis presque deux ans à faire les travaux. On vient de finir. Là, on va devoir tout recommencer », se désole Akca, 31 ans, même si l’eau dans sa rue n’a pas encore atteint sa maison. Un peu plus bas, le sous-sol de Carlos, 21 ans, est déjà « complètement rempli, c’est une vraie piscine ».

Quatorze départements du quart nord-est de la France étaient jeudi en vigilance orange crues-inondations, principalement autour du bassin de la Seine et de la Saône, les deux cours d’eau sous surveillance des autorités.

Après une accalmie météo, la pluie a repris jeudi, mais de façon modérée et ne devrait pas changer les prévisions de crue de la Seine qui continue à monter lentement dans Paris, selon Vigicrues.

« On attend le maximum de crue ce week-end, avec une hauteur entre 5,80 m et 6,20 m », a indiqué Bruno Janet, expert de l’organisme de surveillance des crues. Un niveau comparable à la crue de juin 2016 (6,10 m), mais très loin de celle historique de 1910 (8,63 m).

Jeudi matin, le niveau de la Seine atteignait 5,44 m au pont d’Austerlitz à Paris et les conséquences se faisaient déjà sentir.

Les musées se préparent à agir

Dans les musées parisiens du Louvre, d’Orsay et de l’Orangerie, aucune fermeture n’était programmée pour l’instant, mais le Plan de protection contre les inondations (PPCI), rodé lors de la crue de juin 2016, a été déclenché.

« Le musée est ouvert, il n’y a pas de mouvement d’oeuvres », souligne-t-on à la direction du Louvre. Seul le niveau bas du département des Arts de l’Islam est interdit à la visite « à titre préventif ».

La direction du musée le plus fréquenté au monde (8,1 millions de visiteurs en 2017) a aussi indiqué sans autre précision que « des mesures de protection du Palais sont mises en oeuvre ».

Même vigilance aux musées d’Orsay et de l’Orangerie (plus de 4 millions de visiteurs cumulés en 2017) où selon la direction, du matériel a été acheminé et des zones de repli aménagées, dans le cadre du PPCI.

En juin 2016, le Louvre et Orsay avaient dû fermer leurs portes pendant plusieurs jours. Au Louvre, 35 000 oeuvres, soit 25 % des 152 000 pièces conservées dans des zones inondables, avaient été mises à l’abri en 48 heures.

Sur la Seine, les propriétaires des péniches amarrées sur les quais sont inquiets. « On surveille le bateau pour s’assurer qu’il reste bien sur le lit du fleuve. Le danger principal, c’est qu’il se pose sur les quais », explique Éric Merour, responsable d’une péniche-restaurant.

 
Photo: Christophe Simon Agence France-Presse Sur la Seine, les propriétaires des péniches amarrées sur les quais sont inquiets.

Face à la montée des eaux, les Voies navigables de France ont interdit la navigation sur certains cours d’eau, notamment toute la Seine en amont, jusqu’à Paris, laissant notamment les bateaux-mouches de la capitale au chômage technique.

La situation s’améliorait malgré tout sur la partie amont du bassin de la Seine, selon Vigicrues.

Autre point d’attention : la Saône, dans l’est, qui voit arriver la crue du Doubs, rivière placée lundi en vigilance rouge. « Assez classiquement, des villes comme Chalon-sur-Saône vont être en partie inondées », selon M. Mortureux.

À l’origine de ce phénomène national, des précipitations importantes, sur des sols gorgés d’eau. Le bimestre décembre-janvier est ainsi l’un des trois les plus pluvieux depuis le début des relevés en 1900, selon Météo-France.

De nouvelles précipitations sont attendues jeudi surtout sur le Massif central, mais principalement sous forme de neige. « Cela a moins d’impact immédiat » pour les crues, a noté M. Mortureux.

2 commentaires
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 25 janvier 2018 09 h 33

    Et le zouave du pont de l'Alma

    il a de l'eau jusqu'à...? Pourquoi ne pas en parler dans votre rubrique.
    C'est tellement cocasse et folklorique...dommage !

    Ça ne dit plus rien à la nouvelle génération peut-être?
    Ou, c'est que l'Histoire ....on s'en balance partout... à ce que je vois.
    Car le zouave fait partie de l'Histoire.

  • Diane Poliquin - Abonné 25 janvier 2018 10 h 31

    Le Zouave

    Hier, la cre de la Seine dépassait les 5 mètres et le Zouave avait les genoux dans l'eau...