Le Royaume-Uni se dote d’une unité de lutte contre la désinformation

«La Russie cherche à faire de l’information une arme [...] dans le but de semer la discorde en Occident», estimait déjà Theresa May en 2017.
Photo: Adrian Dennis Archives Agence France-Presse «La Russie cherche à faire de l’information une arme [...] dans le but de semer la discorde en Occident», estimait déjà Theresa May en 2017.

Le Royaume-Uni a annoncé mardi la création d’une nouvelle unité nationale chargée de lutter contre la « désinformation » provenant d’États étrangers, dont la Russie, plusieurs fois désignée comme une menace par les autorités politiques et militaires britanniques.

« Nous vivons à une époque de fausses informations et de récits divergents », a déclaré le porte-parole de la première ministre britannique, Theresa May.

« Le gouvernement va y répondre en faisant un meilleur et plus important usage des communications de sécurité nationale pour s’attaquer à ces défis interconnectés et complexes », a-t-il ajouté.

La création de cette nouvelle unité pour les systèmes de communication de sécurité nationale a été approuvée lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale (National Security Council, NSC), composé de ministres et de hauts responsables de la sécurité.

« Elle sera chargée de combattre la désinformation provenant d’acteurs étatiques et autres », a détaillé le porte-parole.

« Elle dissuadera plus systématiquement nos adversaires et nous aidera à atteindre nos priorités nationales en matière de sécurité », a-t-il ajouté.

Dans un discours prononcé en novembre 2017, Theresa May avait dénoncé les actes « hostiles » de la Russie, parmi lesquels elle avait cité « l’annexion illégale de la Crimée », mais aussi des campagnes de « cyberespionnage » et « l’ingérence lors d’élections ».

« La Russie cherche à faire de l’information une arme, en déployant ses médias dirigés par l’État pour diffuser de fausses informations et des images trafiquées dans le but de semer la discorde en Occident et de saper nos institutions », avait-elle déclaré.

La commission du numérique, de la culture, des médias et du sport (DCMS) de la Chambre des communes réclame à Facebook et Twitter de lui fournir des éléments sur une possible ingérence russe dans le référendum sur le Brexit en juin 2016 et dans les élections législatives un an plus tard.

Lundi, c’est le chef de l’état-major interarmées britannique, le général Nick Carter, qui a déclaré que la Russie constituait une menace pour le Royaume-Uni et réclamé plus d’investissements pour les forces armées afin qu’elles soient en mesure d’y faire face.