Puigdemont entend gouverner «bientôt» la Catalogne

À l’Université de Copenhague, où il participait à un colloque sur la Catalogne, Carles Puigdemont a appelé au respect du processus démocratique.
Photo: Jonathan Nackstrand Agence France-Presse À l’Université de Copenhague, où il participait à un colloque sur la Catalogne, Carles Puigdemont a appelé au respect du processus démocratique.

L’indépendantiste catalan Carles Puigdemont, officiellement désigné candidat à la présidence de la Catalogne, a dénoncé lundi depuis le Danemark « l’autoritarisme » de Madrid, assurant que son camp formerait « bientôt » un gouvernement.

Le nouveau président du Parlement régional, Roger Torrent, a confirmé lundi matin qu’il proposerait à la Chambre la candidature de Carles Puigdemont pour diriger à nouveau la Catalogne.

Une candidature « absolument légitime », « en dépit de la situation personnelle et judiciaire de M. Puigdemont », selon M. Torrent.

L’annonce a été faite moins de trois mois après la proclamation d’une « République catalane » mort-née, suivie par la destitution du gouvernement et la prise de contrôle de la région par Madrid.

Prétendre être le président du gouvernement catalan en étant à Bruxelles est illégal 

 

Si Carles Puigdemont était investi, l’article 155 de la Constitution espagnole, ayant permis de placer la Catalogne sous tutelle, continuerait à s’appliquer, a prévenu le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.

« Prétendre être le président du gouvernement catalan en étant à Bruxelles est illégal », a-t-il affirmé samedi.

M. Puigdemont a fui en Belgique le 30 octobre. S’il revenait en Espagne, il serait immédiatement placé en détention, dans une enquête pour « rébellion », « sédition » et « malversations de fonds ».

Il cherche le moyen d’être investi à distance par le Parlement régional où les indépendantistes ont retrouvé une majorité de sièges à l’issue des élections de décembre.

Une session d’intronisation doit se tenir au plus tard le 31 janvier pour débattre de cette candidature à distance. Aucune date n’a été fixée.

Carles Puigdemont a pris le risque de quitter lundi pour la première fois la Belgique pour participer au Danemark à un colloque sur l’avenir de sa région.

« Nous n’allons pas capituler face à l’autoritarisme malgré les menaces de Madrid », a-t-il soutenu. « Bientôt, nous formerons un nouveau gouvernement. »

Réélu député catalan, il a appelé au respect du processus démocratique et reproché à l’Union européenne (UE) « son incapacité à défendre les droits fondamentaux en Catalogne ».

Les Catalans, selon lui, « regardent avec forte inquiétude certains développements autour des institutions de l’UE. Nous sommes pro-européens évidemment […], nous sommes pour davantage d’intégration [européenne] mais seulement si cela renforce la démocratie et [garantit] une application uniforme du droit européen dans tous les pays membres », a-t-il affirmé au Danemark.

La justice espagnole avait renoncé à demander l’arrestation de Carles Puigdemont en Belgique, notamment pour éviter des divergences d’interprétation entre juges belges et espagnols sur la gravité des délits qui lui sont reprochés, dont celui de « rébellion », fort controversé.

Mais à l’annonce de son déplacement à Copenhague, la justice espagnole a requis son arrestation au Danemark.

Le juge espagnol chargé de l’enquête le concernant a cependant refusé de lancer un mandat : il a estimé que M. Puigdemont cherchait justement « à provoquer cette arrestation à l’étranger » afin de se doter d’arguments pour être investi en son absence.

Si M. Puigdemont reste à l’étranger, il devra être investi à distance, ce que les services juridiques du Parlement catalan jugent contraire au règlement.

Et s’il rentre, le parquet général a averti que son immunité parlementaire n’empêcherait pas son arrestation.

2 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 23 janvier 2018 12 h 04

    Revenir en Espagne


    S'il était moindrement sérieux et responsable, Puigdemont rentrerait en Espagne. Pour faire face à la musique et accompagner le peuple catalan. Son exil a assez duré.

    M.L.

    • Solange Bolduc - Abonnée 23 janvier 2018 17 h 24

      On sait que l'autonomie d'un peuple ne vous dit rien, M. Lebel, donc facile de dénigrer Puigemont, pour vous !
      Le juger, pour vous, moi qui croyais , pour un croyant comme vous, qu'il y avait juste le Bon Dieu pour juger les hommes !