Catalogne: le bras de fer avec Madrid reprend

Roger Torrent (au centre), élu de la Gauche républicaine de Catalogne, arbitrera les houleuses sessions parlementaires à venir.
Photo: Manu Fernandez Associated Press Roger Torrent (au centre), élu de la Gauche républicaine de Catalogne, arbitrera les houleuses sessions parlementaires à venir.

Barcelone — Les indépendantistes catalans ont posé mercredi les jalons pour une nouvelle investiture de leur chef de file, Carles Puigdemont, en exil volontaire à Bruxelles, au cours d’une séance parlementaire qui laisse augurer un nouvel affrontement avec le gouvernement central espagnol.

Deux mois après la crise politique sans précédent déclenchée par leur tentative de sécession, les séparatistes ont placé à la tête du Parlement catalan un des leurs, Roger Torrent, 38 ans, député de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), élu par 65 voix contre 56.

Fort de sa victoire aux élections anticipées du 21 décembre dernier, le camp sécessionniste part à la reconquête du pouvoir régional, un parcours d’obstacles alors que trois députés sont en détention provisoire pour « rébellion » ou « sédition » et cinq autres, dont Carles Puigdemont, en exil volontaire à Bruxelles.

L’élection de Roger Torrent à la tête de la chambre est une première étape : à ce poste, il arbitrera les houleuses sessions parlementaires à venir. C’est aussi lui qui devra proposer, le 31 janvier au plus tard, un candidat à l’investiture.

Député depuis 2012 et maire de Sarrià de Ter, une ville de 5000 habitants proche de Gérone, le fief de Carles Puigdemont, il a promis devant ses pairs de « rechercher le dialogue et le consensus » dans ses nouvelles fonctions.

Son élection a été rendue possible par le vote blanc des huit élus du groupe de gauche radicale Catalunya en Comu.

Les séparatistes ont ensuite remporté une deuxième victoire, s’assurant le contrôle du « bureau » du Parlement qui décide de l’ordre du jour et veille au respect du règlement : quatre de ses sept membres sont issus de leurs rangs.

Ce bureau a un rôle stratégique puisqu’il sera chargé d’accepter ou non une investiture à distance de Carles Puigdemont, qui risque un placement en détention s’il retourne en Espagne.

Reste que le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, n’acceptera en aucun cas cette présidence depuis Bruxelles.

« Je contesterai le premier acte administratif », qui ira dans ce sens, a-t-il dit à des journalistes mardi.

Un tel recours entraînera la saisine de la Cour constitutionnelle, qui selon toute probabilité gèlera l’investiture.