L’Italie se lance dans deux mois d’une campagne électorale incertaine

Le chef de l’État, Sergio Mattarella, a signé le décret de dissolution du Sénat et de la Chambre des députés jeudi.
Photo: Italian Presidency Agence France-Presse Le chef de l’État, Sergio Mattarella, a signé le décret de dissolution du Sénat et de la Chambre des députés jeudi.

Rome — La dissolution jeudi du Parlement, qui arrivait bientôt en fin de législature, a lancé l’Italie dans deux mois d’une campagne électorale incertaine avant les élections législatives fixées au 4 mars.

Dans un bref communiqué, la présidence de la République a mis fin au faux suspense : le chef de l’État, Sergio Mattarella, « a signé le décret de dissolution du Sénat et de la Chambre des députés ».

Dans la foulée, le conseil des ministres a décidé que le scrutin, qui devait être organisé dans un délai de 45 à 70 jours, aurait lieu le dimanche 4 mars.

Dans l’après-midi, un ballet de voitures officielles bien rodé s’est organisé autour du Quirinal, le palais du président. Le chef du gouvernement de centre gauche, Paolo Gentiloni, s’y est d’abord rendu pour annoncer qu’avec l’adoption du budget 2018, le travail du Parlement, élu en février 2013, était terminé.

Paolo Gentiloni, qui est le 3e chef du gouvernement de cette législature après Enrico Letta et Matteo Renzi, doit rester en place jusqu’à la mise en place du nouveau Parlement. Son mandat pourrait d’ailleurs se prolonger, tant l’incertitude règne sur l’après-élections.

Le mode de scrutin laisse une large part à la proportionnelle et la dispersion annoncée des voix entre trois pôles — droite, Mouvement 5 étoiles et centre gauche — peu enclins à s’entendre, risque de laisser le prochain Parlement sans majorité claire.

L’alliance de droite, composée de Forza Italia (FI), le parti de l’éternel Silvio Berlusconi, et les souverainistes de la Ligue du Nord (LN) et de Fratelli d’Italia (FDI), est créditée de plus de 35 % des intentions de vote mais les litiges sont fréquents en son sein, FI et LN revendiquant tous deux la primauté et s’opposant souvent sur l’euro et l’Europe.

Avec environ 28 % des intentions de vote, les populistes du Mouvement 5 étoiles (M5S), qui avaient créé la surprise en remportant déjà 25 % des voix lors de leurs premières législatives en 2013, semblent plafonner à ce niveau et rejettent toute idée d’accord avec une autre formation.

Troisième et dernier camp, le Parti démocrate (PD, au pouvoir) de Matteo Renzi, est en perte de vitesse dans les sondages, qui ne lui accordent plus qu’environ 25 % des voix.

Aux antipodes du caractère brusque de M. Renzi, dont il est pourtant proche, M. Gentiloni reste en effet relativement populaire, avec 44 % d’opinions positives, loin devant MM. Renzi (29 %) et Berlusconi (23 %).

Dans un pays qui a connu 64 gouvernements depuis la proclamation de la République en 1946, l’instabilité qui s’annonce n’est cependant pas une nouveauté.