La justice espagnole élargit les poursuites contre les séparatistes catalans

Marta Rovira, la numéro deux de la Gauche républicaine de Catalogne, élue jeudi, compte parmi les nouveaux accusés.
Photo: Lluis Gene Agence France-Presse Marta Rovira, la numéro deux de la Gauche républicaine de Catalogne, élue jeudi, compte parmi les nouveaux accusés.

La Cour suprême espagnole a annoncé vendredi avoir élargi à six personnalités indépendantistes catalanes supplémentaires les poursuites pour rébellion, sédition et malversations, au lendemain d’une victoire des séparatistes aux élections régionales.

Dans une décision consultée par l’AFP, le juge d’instruction Pablo Llarena décide notamment d’élargir son enquête à Marta Rovira, élue jeudi. Mme Rovira est numéro deux de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) dont le président Oriol Junqueras est en prison.

Le prédécesseur de Carles Puigdemont à la tête du gouvernement régional, Artur Mas, déjà frappé de deux ans d’inéligibilité pour avoir organisé en 2014 une consultation sur l’indépendance, est également mis en examen, de même que Marta Pascal, la dirigeante de leur parti.

Apparaissent également deux ex-députées du parti indépendantiste d’extrême gauche CUP, Anna Gabriel et Mireia Boya, et la présidente de l’Association des municipalités pour l’indépendance, Neus Lloveras.

Ces six personnes viennent s’ajouter aux 22 déjà inculpées pour leur rôle dans la marche vers l’indépendance du pouvoir catalan, qui a culminé le 27 octobre avec le vote d’une déclaration unilatérale d’indépendance au parlement régional puis la mise sous tutelle de la Catalogne par le gouvernement central.

Parmi les inculpés se trouvent les 14 membres du gouvernement destitué de Carles Puigdemont et deux présidents d’associations indépendantistes, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart. Ces deux derniers sont emprisonnés avec les ex-membres du gouvernement déchu Oriol Junqueras et Joaquim Forn.

Le juge explique dans sa décision que, selon une enquête de la Garde civile, tous ont participé à des réunions visant à « concevoir et élaborer le processus de rupture » de la région avec l’Espagne.

Ils auraient également participé à un « comité stratégique » qui aurait piloté la marche vers la sécession.

Une source judiciaire a expliqué à l’AFP que le juge doit encore détailler les charges qu’il retiendra contre les nouveaux suspects.

Jeudi, les partis indépendantistes ont obtenu la majorité absolue au parlement catalan, 70 sièges sur 135, lors d’élections régionales anticipées.

Trois des quatre leaders séparatistes emprisonnés ont été élus députés, de même que Carles Puigdemont, qui a échappé aux poursuites en se rendant en Belgique.

1 commentaire
  • Gilles Teasdale - Abonné 22 décembre 2017 11 h 47

    Vive la démocratie!

    Comment apelleez- vous un gouvernement qui ne respecte pas une élection?